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Le Nouvelliste

Nou pap dòmi utilise une autre stratégie pour dénoncer la violence dans le pays

Oct. 22, 2020, midnight

Des banderoles avec des chiffres mettant en lumière la gravité de la situation en matière de sécurité dans le pays sont bien visibles dans plusieurs zones de la capitale depuis quelques jours. « 944 personnes  ont été assassinées de janvier à août 2020 », peut-on lire par exemple en créole sur l’une de ces banderoles sur la route de Bourdon. Ces messages interpellateurs rentrent dans le cadre d’une campagne contre la banalisation du droit à la vie lancée par l’organisation Nou pap dòmi. « Cette campagne vise d’abord et avant tout  à réveiller les consciences au niveau de la société qui tend à accepter la situation de violence systémique et organisée », a expliqué Vélina Charlier ce jeudi sur Magik 9. Elle affirme avoir l’impression que les citoyens sont en train de devenir indifférents à la destruction de la vie et qu’on a tendance à considérer les assassinats comme des faits divers.      « En moyenne, quatre personnes sont assassinées par jour dans le pays. La vie n’est plus respectée en Haïti. Elle y est dévalorisée », a affirmé Vélina Charlier avec tristesse. Pour la petrochallenger, membre de Nou pap dòmi, « cette situation n’est pas normale ».  Vélina Charlier regrette qu’aucune action n’ait été entreprise jusqu'à nos jours contre des anciens hauts responsables  de l’État dont les noms ont été cités dans plusieurs rapports concernant des massacres, dont celui de La Saline. «L’État donne l’impression de cautionner les violences dans les quartiers populaires », juge la militante. Elle estime que nous vivons dans « un État bandit » qui favorise la fédération des bandits.     Nou pap dòmi a noté dans le cadre de cette campagne que 214 enfants sont devenus orphelins à cause des massacres perpétrés dans les quartiers populaires. Ils dénombrent également 124 cas de kidnapping de janvier à août 2020, des chiffres collectés auprès de plusieurs organisations de défense des droits humains  d'instances internationales qui dressent régulièrement des rapports sur les actes de violence enregistrés dans le pays, selon Vélina Charlier.     Mme Charlier dénonce l’implication de « gros potentats » dans cette violence systémique et organisée en alimentant les gangs avec des armes et des munitions.   Vélina Charlier informe que plusieurs banderoles placées dans le cadre de cette campagne contre la banalisation de la vie ont été enlevées par des mains inconnues.  On dirait que ces messages font peur ou qu’ils dérangent », dit la porte-parole de Nou pap dòmi, précisant qu’ils n’ont pas à payer des droits d’affichage aux mairies des zones touchées. «On ne fait pas de la publicité », dit celle qui a  travaillé pendant quinze ans dans le secteur de la communication.  Rappelant que deux sit-in organisés par Nou pap dòmi contre l’insécurité ont été violemment dispersés par les forces de l’ordre à l’avenue Charles Summer en juin et en juillet derniers, Vélina Charlier estime que c’est la liberté d’expression qui est menacée.