Le Nouvelliste
Insécurité : Joseph Jouthe insatisfait de la police, Rameau Normil répond
Aug. 10, 2020, midnight
Le malaise entre le chef du Conseil supérieur de la Police nationale et le directeur général de la police sur la gestion de l’insécurité dans le pays est manifeste. À l’occasion du programme «Dialogue communautaire» présenté, dimanche, par le chef de l'État depuis le Palais national, Joseph Jouthe a encore une fois, mais cette fois publiquement et en présence de Rameau Normil, réaffirmé son insatisfaction sur le travail du directeur général de la PNH dans la lutte contre les actes de banditisme. En réaction, Rameau Normil a déclaré que « la sécurité n’est pas seulement le travail de la police». « Je ne suis pas satisfait de la performance de la Police nationale », a maintenu le Premier ministre, qui fait office de chef du CSPN. Selon le Premier ministre Joseph Jouthe, à chaque fois qu’il passe des instructions aux responsables de la PNH, on lui répond qu’il n’y a pas de véhicules blindés pour les exécuter. « La sécurité et la police ne sont pas l’affaire des enfants. Nomination, révocation, démission, moi j’attends des résultats », a menacé le chef du Conseil supérieur de la Police nationale en s’adressant au directeur général de la Police nationale. Pour la première fois depuis leur assassinat par balle, un officiel a fait référence aux deux nourrissons tués à Cité Soleil et sur la route de Ganthier. « À cause de l’insécurité, j’ai perdu deux bébés ; je suis un père de famille… je sais de quoi je parle… Avant d’être un Premier ministre, je suis un papa », a avancé Joseph Jouthe. « Il y a un problème au niveau de la police. Yon moun se oubyen ou chèf, oubyen ou pa chèf. Un chef doit prendre ses responsabilités, quand vous passez un ordre, il doit être exécuté…. Moi, je suis fatigué… Si on me révoque pour autre chose, d'accord, mais si on me révoque pour incompétence, je ne pourrais pas l’accepter », a lancé le Premier ministre, s’adressant encore une fois au chef de la police. En revanche, Joseph Jouthe a reconnu en Rameau Normil quelqu’un d’intègre. « Mais je ne suis pas satisfait de sa performance. Directeur général, je vous le dis devant la population, je vais vous donner tout ce dont vous avez besoin, mais arrêtez de me parler d’armes lourdes. Les gens qui ont été tués ont reçu des balles provenant de pistolets. Arrêtez de me demander des blindés. J’ai 15 ou 25 blindés dans le pays, arrangez-vous pour sécuriser le pays avec cela », a lâché le chef du Conseil supérieur de la Police nationale. En réaction, le directeur général de la Police nationale précise avoir déjà lancé l’opération «Terminator 1» qui vise à s'atteler aux problèmes des gangs armés. Rameau Normil a souligné que, pour combattre l’insécurité dans le pays, il faut à la PNH plus d’équipements, faisant savoir que la PNH a déjà procédé à l’arrestation de huit individus du gang «400 Mawozo» impliqués dans l’assassinat du nourrisson de quatre mois sur la route de Ganthier. « Un homme, une mission, des moyens. Il n’y a pas de comparaison entre le manque d’équipements et la compétence. Je sais ce que je fais, j’ai fait l’infanterie militaire… », a rétorqué le chef de la Police nationale concernant l'insatisfaction du Premier ministre. « La sécurité n’est pas seulement le travail de la police. Ce n’est pas seulement le travail des équipements. Les équipements doivent répondre à la réalité », a affirmé Rameau Normil. Le directeur général de la PNH a fait savoir qu’il a un plan global et opérationnel de sécurité basé sur plusieurs axes comme assurer la reprise des activités scolaires, sécuriser les grands axes routiers, lutter contre le kidnapping, démanteler les gangs armés... « Se youn nan bagay mwen pi fò ladan l, mwen abitye ladan l, mwen konn fè l deja », a affirmé le chef de la police. Rameau Normil déclare hériter de plus de passif que d’actif dans la PNH.