Le Nouvelliste
Gonaïves : la fête de l’indépendance entachée de violences
Jan. 6, 2020, midnight
Aux Gonaïves, le 216e anniversaire de notre indépendance a été marqué par des scènes de violences. En cette journée symbolique, des opposants radicaux ont gagné les rues pour dénoncer la « cruauté » du pouvoir. Des détonations d’armes automatiques ont retenti dans tous les coins du centre-ville. Beaucoup de citoyens redoutaient un bain de sang. Depuis seize ans, après l’insurrection anti-Aristide, la cité n’a jamais connu un 1er janvier aussi sombre et agité. Pas de Te Deum à la cathédrale du souvenir. Pas de discours officiels sur la place d’armes. Les rues étaient sales, quasiment vides. On aurait dit une journée de deuil. À la mi-journée, au terme des funérailles d’un militant tué à Raboteau à la fin du mois de décembre, des dizaines d’opposants ont foulé le macadam. En vue de dénoncer les policiers qui auraient commis l’acte, avec la dépouille, ils se sont rendus devant le commissariat. La tension a monté d’un cran. Les forces de l’ordre ont réagi et dispersé les protestataires. Les militants ont abandonné le cadavre sur la chaussée. Ceux qui sont armés en ont profité pour montrer leurs muscles. La police a tiré pour protéger les siens et rétablir l’ordre. Les insurgés ont maintenu la pression. Entre-temps, à Descahos, non loin du commissariat, un groupe armé, dont certains membres sont identifiés comme proches du pouvoir, n’a pas hésité à se faire entendre. Pendant un bon bout de temps, le centre-ville était transformé en champ de bataille. Vers la reprise des activités Après plusieurs mois de luttes sans succès, les opposants gonaïviens ont accepté de changer de stratégie. Selon eux, dans l’objectif de permettre aux enfants de retourner en classe d’ici le 7 janvier en cours, le mouvement se tiendra uniquement en week-end. Il y aura des changements, ont-ils souligné, sauf en cas de force majeure. L’édile des Gonaïves, M. Neil Latortue, s’est félicité de l’entente trouvée avec les protestataires. Il informe que toutes les dispositions sont déjà prises pour garantir la relance des activités. « Nous avons rencontré les protagonistes, ils ont accepté de collaborer », a rassuré le maire. D’un autre côté, l’administrateur communal a promis de redoubler d’efforts afin de nettoyer les rues. Il s’est également engagé à déplacer le « marché Jovenel » qui se trouve à la grand-rue, en face des écoles nationales congréganistes Saint-Pierre Claver et Cyr Guillo. Après avoir été victimes de plusieurs actes de violences, les marchandes se voyaient dans l'obligation de se réfugier dans cette zone, à proximité du commissariat.