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Le Nouvelliste

Les sous-agents de transfert se rebellent contre la circulaire 114-2

Oct. 1, 2020, midnight

Les sous-agents exigent le retrait de la circulaire 114-2 qui fait obligation aux maisons de transfert  de payer les transferts en monnaie locale. Après avoir fermé leurs portes depuis environ une semaine, ils ont organisé mercredi une marche pacifique à Carrefour en signe de protestation.  En plus de l’obligation de payer les transferts en gourdes,  ces institutions sont tenues d’effectuer ces paiements suivant le taux de référence du jour de la réception des fonds par les bénéficiaires.  «  Ce sera un manque à gagner pour nous. Ca va être un déficit sur toute la ligne », a avancé Pierre Renel, président de l’Union nationale des sous- agents de transfert d’Haïti sur Magik 9 jeudi. À cause de la circulaire de la BRH, les sous- agents seront obligés de changer les dollars à la banque, qui, en général, applique un taux inférieur à celui de la banque centrale, selon le président de l’UNATHA, qui souligne que dans ces conditions les sous-agents ne pourront pas tenir. Les sous-agents de transfert n’entendent pas s’opposer à cette décision des autorités visant  à « mettre de l’ordre ». « Mais cela ne doit pas se faire en nous soutirant certains avantages pour les donner à une autre entité. En le faisant ainsi, l’État donne l’impression qu’il est en train de favoriser un secteur au détriment d’un autre », a dit Pierre Renel.  Le président de l’UNATHA rejette l’argument des autorités qui soutiennent que les dispositions de la circulaire 114-4 visent à favoriser les plus pauvres. « Au fond, ce n’est pas vrai. Ils vont enrichir davantage un secteur bien déterminé au détriment des sous-agents, des petits éléments de la classe moyenne », déplore Pierre Renel. Il n’y a rien dans cette décision qui soit favorable à la population ni aux sous-agents, a insisté Pierre Renel, qui a de sérieuses inquiétudes pour l’avenir de ce secteur.    Auparavant quand le dollar s'appréciait par rapport à la gourde, les maisons n’avaient aucun problème à payer les transferts  en monnaie locale.  Dans certains cas, les clients étaient mis dans des situations où ils n’avaient pas d’autre choix que de recevoir une partie ou la totalité des fonds qui leur étaient envoyés en gourdes. Pierre Renel met encore en cause les banques commerciales qui limitent la quantité de dollars à laquelle les sous- agents ont droit chaque jour. «  Nous n’avons aucun traitement particulier dans nos rapports avec les banques. Elles nous fournissent la quantité de dollars qu’elles veulent », a-t-il déclaré.   Il revient à la BRH d’alimenter les banques en dollars afin qu’on puisse en trouver pour payer les transferts dans la devise qu’ils sont envoyés, croit Pierre Renel, qui ne veut pas entendre parler de la circulaire 114-2. Pierre Renel a paradoxalement admis que les maisons de transfert vivent en grande partie des bénéfices engrangés par le biais du change. « Les commissions que nous recevons par mois des maisons mères sur les transferts ne dépassent pas certaines fois trois cents dollars », a-t-il avoué. Le président de l’UNATHA confie que les bureaux de transfert resteront fermés jusqu'à ce qu’une solution soit trouvée.       La circulaire 114-2 rentre en vigueur à partir du jeudi 1er octobre.