Le Nouvelliste
Commission de passation de pouvoir, commission de dialogue : Jovenel Moïse et l’opposition le duel à distance
Oct. 10, 2019, midnight
Deux jours après la formation de la commission présidentielle pour le dialogue, l’opposition a installé, jeudi, la commission de facilitation de la passation de pouvoir. Si la structure de Jovenel Moïse se donne pour mission de conduire les discussions devant aboutir à une solution concertée de sortie de crise, celle de l’opposition se donne pour mission de remplacer le chef de l’Etat par un juge de la Cour de cassation et de former un gouvernent de transition. Les deux commissions sont à pied d’œuvre. Au centre de leur travail un certain Jovenel Moïse. La commission de passation de pouvoir de l’opposition ne jure que par son départ et son remplacement. La commission du palais national quant à elle veut amener la première sur la table du dialogue pour sortir de la crise. Pour le moment, il n’existe aucun canal de dialogue entre ces deux structures. Comme pour afficher son indifférence totale par rapport à la formation de la commission de dialogue, l’opposition installe sa commission et rend public le mandat et la mission de cette structure. D’abord, la commission de passation de pouvoir se rapporte uniquement à l’assemblée des sénateurs de l’Alternative consensuelle. Elle a pour mission de proposer à l’assemblée des signataires de l’Alternative dans les 48 heures qui suivent son installation une méthodologie de travail pour les remarques et observations avant approbation ainsi qu’une liste des secteurs à rencontrer pour faciliter la mise en œuvre de l’alternative consensuelle, selon le document cadre de la formation de cette structure. La commission de passation de pouvoir est ainsi constituée : Me. Gervais Charles, Himmler Rebu, Hugues Célestin, Antoine Augustin, Michel Legros, Gary Victor, Antoinette Duclair, Claire Lydie Parent et le père Michel Frantz Grandoit qui remplace Jean André Victor. Le consensus est privilégié dans les prises de décisions de la commission, cependant à défaut de consensus, les décisions seront adoptées sur la base de la majorité absolue soit 50% plus un. La commission de dialogue formé par le président de la République est elle aussi au travail. Evans Paul en est coordonnateur, Rodolphe Joazile et Emilie Jessy Solon Menos, les porte-paroles, Liné Sainphor Balthazar est au poste de secrétaire rapporteur et Josué Pierre Louis, Renald Lubérice, Jude Charles Faustin membres. De concert avec l’assemblée des signataires de l’Alternative, la commission de passation de pouvoir va planifier le départ « immédiat et ordonné de Jovenel Moïse ». Elle doit proposer aussi aux signataires de l’Alternative consensuelle une liste de trois juges de la Cour de cassation dont l’un d’entre eux sera désigné par les membres de l’Alternative comme président provisoire de la République. Ce dernier doit jouir d’une bonne réputation et de n’avoir aucune appartenance politique. Cette commission aura à conseiller les signataires de l’Alternative consensuelle dans le choix de la personnalité qui remplira la fonction de Premier ministre du gouvernement de transition. Ensuite, elle proposera à ce Premier ministre un ensemble de noms issus des différents secteurs de la société pour la formation du gouvernement de transition. Le mandat de cette commission prendra fin avec l’installation de l’Autorité nationale de transition qui sera nommée par le président provisoire. Après l’installation du gouvernement de transition, le premier ministre et l’Autorité nationale de transition disposeront de 30 jours pour former un comité qui aura à organiser la conférence nationale Outre le renvoi du président Jovenel Moïse et du gouvernement, l’opposition veut révoquer aussi le mandat de la 50e législature. Parallèlement, la commission de Jovenel Moïse a promis de n’exclure aucun sujet dans les discussions. « Nous sommes ouverts. Nous sommes prêts à aborder n’importe quelle discussion sur n’importe quel sujet avec n’importe quelle personne. Le président nous a dit que tout peut être sur la table, y compris son mandat », a fait savoir l’ancien Premier ministre Evans Paul. Au milieu de ce jeu de commissions, il y a l’autre réalité, la vraie. Depuis un mois toutes les activités sont paralysées dans le pays. Si de temps à autre on constate des moments de répit pour permettre à la population, ceux qui le peuvent, de se ravitailler, les écoles ont fermé leurs portes depuis environ quatre semaines. Les commerces et les activités économiques sont en berne.