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Haïti : S’achemine t – on vers un nouvel épisode de pays lock?

April 3, 2025, 11:16 p.m.

Port-au-Prince, 3 avril 2025.-Les signes de cette paralysie sont évidents. De nombreux quartiers sont désormais sous le contrôle des gangs armés, qui dominent une grande partie de la capitale et des zones clés du pays. À Delmas 31, plusieurs écoles ont dû se fusionner dans un même local à cause de la terreur semée par les gangs à Delmas 19.L’aéroport international Toussaint Louverture, est au ralenti depuis novembre 2024, ainsi que des routes devenues impraticables, isolent davantage la population. Voyager de la capitale vers d’autres villes du pays est devenu dangereux, et même les hélicoptères, derniers recours pour les déplacements essentiels, ne sont pas épargnés, comme l’a illustré l’attaque récente d’un appareil transportant du matériel à Mirebalais.Ces événements rappellent les blocages de 2019, où les manifestations populaires, les barricades et les grèves avaient paralysé le pays. Toutefois, aujourd’hui, ce n’est pas seulement la colère des rues qui paralyse Haïti, mais aussi la montée de la violence incontrôlable et l’effondrement des infrastructures de l’État. En 2019, l’opposition politique et des citoyens avaient organisé des mobilisations massives pour demander la démission du président Jovenel Moïse et dénoncer la corruption, notamment autour du scandale PetroCaribe.La situation économique, elle, ne fait qu’aggraver la crise. Les prix des produits de première nécessité ont explosé, rendant ces biens inaccessibles pour une grande partie de la population. En moins de quatre ans, le prix d’un petit sac de riz contenant environ quatre marmites est passé de 400 gourdes , sous la présidence de Jovenel à 2 500 gourdes aujourd’hui. Cette inflation galopante, associée à l’insécurité alimentaire et à un système de santé défaillant, plonge encore plus la population dans la misère.Malgré les annonces répétées du gouvernement sur des plans d’action et de renforts sécuritaires, la violence continue d’augmenter. Les demandes pour la réouverture de l’aéroport et un meilleur contrôle des zones gangrenées restent sans réponse. Les actions proposées sont jugées insuffisantes face à l’ampleur de la crise.Tandis que les autorités peinent à gérer la situation, c’est la population qui en souffre. Enfermée chez elle ou forcée de fuir vers des zones supposées plus sûres, la population est prise dans un cercle vicieux. Les appels à l’aide se multiplient, mais le désespoir domine.Le « pays lock » n’est plus une simple possibilité : il semble être en train de devenir une réalité. La question demeure : combien de temps la population pourra-t-elle encore tenir avant que la situation ne devienne irrémédiable ? Sans une intervention rapide et efficace des autorités, Haïti risque de sombrer dans une paralysie encore plus profonde, où les espoirs de redressement se feront de plus en plus rares.Likenton JOSEPHVant Bèf Info (VBI)