Le Nouvelliste
Jean-Charles Moïse renouvelle son leadership dans la région septentrionale
Oct. 19, 2020, midnight
Perché sur le dos de ses «disciples» qui le vénèrent comme un demi-dieu, le leader de «Pitit Dessalines», Jean- Charles Moïse, a conduit une manifestation de rue ayant drainé la grande foule, samedi dernier, à l’occasion du 214e anniversaire de la mort de Dessalines et au lendemain des funérailles du père du chef de l’État, à Madeline, une habitation de Petite-Anse, troisième section communale du Cap-Haïtien. Quelques heures avant sa participation à ce rassemblement au Cap-Haïtien, l’ancien sénateur du Nord, accompagné de quelques sympathisants, a déposé une gerbe de fleurs à Cormier, lieu de naissance de l’empereur Jean-Jacques Dessalines. Partie de Cité Lescot, la manif du samedi 17 octobre avait du mal à prendre son envol, ne rassemblant que quelques dizaines de militants de « Pitit Dessalines» munis de pancartes et de branches d’arbres et accompagnés de bandes de rara. La majorité des leaders de l’opposition locale avaient brillé par leur absence. Ces derniers, réunis au sein de « Revèy fos popilè Nò » avaient, dans une conférence de presse, le mardi 13 octobre dernier, invité la population à fouler le macadam pour dire non au régime en place. L’arrivée de Jean-Charles Moïse a rapidement changé la donne. Acclamé sur son passage, Jean-Charles Moïse a eu le mérite de faire grossir rapidement la foule, en passant dans les différents quartiers populaires pour se diriger au pied du monument à Vertières avant de mettre le cap sur le Cap-Haïtien. Se disant plus que déterminé à renverser le pouvoir en places le leader de « Pitit Dessalines » en a profité pour s’en prendre à une partie de la bourgeoisie haïtienne en ciblant particulièrement le secteur bancaire qui, selon lui, serait responsable de la pauvreté dans laquelle pataugent les masses d’Haïti. Les manifestants ont lancé des slogans hostiles au chef de l’État, Jovenel Moïse. À ceux qui le qualifient d’agent double pour avoir décidé de ne pas manifester à Port-au-Prince, samedi dernier, Jean-Charles Moïse indique qu’il finira par renverser le pouvoir dirigé par son corégionnaire Jovenel Moïse qui, d'après lui, n’a pas de compétence pour mener la barque du pays. La manifestation s’est terminée sans incident, sous haute surveillance des agents de la police nationale.