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Le Nouvelliste

Les raisons pour lesquelles nous sommes épargnés

Oct. 20, 2020, midnight

Quand le Covid 19 a fait son apparition en Chine en décembre 2019 et qu’en plein hiver il a commencé à se propager dans des pays à climat tempéré comme l’Italie, la France, les États-Unis d’Amérique et autres où l'on enregistrait des centaines de morts par jour, certains Haïtiens et même certains Africains disaient qu’ils n’étaient pas concernés par cette maladie à cause de la couleur noire de leur peau et du chaud soleil tropical. Eh bien, l’évolution de la pandémie surtout aux USA a montré qu’ils avaient tort puisque beaucoup de Noirs américains et d’Haïtiens vivant aux États-Unis ont été atteints et en sont morts. C’est pour cette raison que des Haïtiens refusaient d’aller à l’hôpital pour se faire soigner parce que la rumeur circulait dans leur milieu que l’on provoquait l’extermination des Noirs dans les milieux hospitaliers d’où ils n’en revenaient pas.   Toutefois on doit admettre que, si le Covid 19 a été introduit en Haïti , il n’a pas pu faire l’hécatombe à laquelle logiquement on devait s’attendre. Cela constitue une énigme pour le monde scientifique en Haïti et ailleurs. C’est dans ce contexte que l’on a émis l’hypothèse d’une souche peu virulente du Covid 19 en Haïti. Personnellement, nous ne partageons pas cette idée du fait qu’en République dominicaine l’épidémie a un parcours nettement différent qu’en Haïti. Les Dominicains ont payé le prix fort en termes de taux de morbidité et de taux de mortalité. Or pendant qu’une souche virulente du Covid 19 évoluait en terre voisine, selon des ONG qui s’occupent de la migration entre les deux (2) pays qui se partagent l’île d’Hispaniola, il y a environ cent mille (100.000) Haïtiens qui ont quitté de gré ou de force la République dominicaine et ont traversé la frontière terrestre pour rentrer en Haïti. Avec certitude, on peut penser que parmi tous ces compatriotes, il y en a eu qui ont apporté avec eux la souche virulente dans leurs patelins d’autant plus qu’ils n’ont pas été contrôlés aux frontières officielles ou pas. Évidemment, le Covid 19 virulent n’a pas pu s’installer et se propager dans le milieu haïtien pour les trois raisons suivantes : Au tout début de la pandémie, le professeur français Luc Montagnier (on donne le titre de Professeur à un médecin qui a travaillé pendant un certain temps dans le domaine de la recherche ou dans l’enseignement médical), celui qui avait découvert le virus du Sida et qui avait reçu de ce fait le Prix Nobel de médecine, a eu à déclarer, selon certains médias, que le Covid 19 est un virus né d’une manipulation du virus du Sida par les Chinois à la recherche d’un vaccin contre le Sida. Il s’agit donc d’une sorte de dérapage de laboratoire. Il avait même déclaré, semble-t-il, que le laboratoire de Wuhan où a eu lieu cet incident a été vendu aux Chinois par les Français. Si effectivement le Covid 19 est apparenté au virus du Sida, nous pouvons penser que l’organisme de l’Haïtien a pu développer des anticorps vis-à-vis du virus du Sida qui lui permettent de résister même partiellement à ce nouveau Corona virus, étant donné que nous « frôlons » le virus du Sida en Haïti depuis une cinquantaine d’années. En effet, lors de l’apparition du Sida en Haïti au début des années 1970, le virus ne s’attaquait qu’aux homosexuels, aux héroïnomanes, aux hémophiles. Nos détracteurs habituels avaient ajouté une autre H pour haïtiens puisque nous ne nous respectons pas, on ne nous respecte pas. Et ils ont essayé alors de nous faire passer pour le bouc émissaire même si l’on savait que le Sida avait été introduit en Haïti par des homosexuels étrangers. À ce moment-là, tous ceux qui savaient qu’ils n’étaient pas homosexuels continuaient à papillonner jusqu’à ce qu’on apprenne un jour que le virus, après mutation, atteint les hétérosexuels comme les homosexuels. Ainsi donc beaucoup de personnes ont été probablement en contact avec le virus du syndrome de l’immuno déficience acquise même si elles n’ont pas développé la maladie mais leurs organismes ont pu produire des anticorps vis-à-vis de ce mal. La deuxième raison : là encore, je dois évoquer un autre médecin français, le Pr Didier Raoult qui, pendant que l’épidémie commençait à s’éparpiller, avait annoncé qu’il avait découvert un traitement pour le Covid 19 à base de chloroquine et d’azithromycine. On n’a pas mis du temps pour crier haro sur le baudet. On l’a même traité de marginal à cause de ses cheveux longs. Comment pouvait-on accepter qu’un seul individu soit considéré comme le sauveur de l’humanité alors que des millions et des millions d’espèces sonnantes étaient déjà engagées dans la recherche d’un vaccin ou d’un médicament ? Sans même expérimenter le médicament, on a déclaré que la chloroquine est un produit toxique qui peut même aggraver la maladie. À la vérité, on ne connait pas la chloroquine dans les pays avancés à climat tempéré car elle est utilisée dans le traitement de la malaria qui est une maladie tropicale. Comment peut-on déclarer que le médicament est toxique alors que dans le traitement de la malaria on donne au patient quatre comprimés (4) de chloroquine d’un trait par la bouche la première fois et deux (2) autres comprimés six (6) heures après ; soit six (6) comprimés en six (6) heures ? Et le lendemain matin matin on lui donne deux comprimés puis deux derniers comprimés le surlendemain. À noter qu’il s’agit de gros comprimés standards. Un médicament toxique se donne par petites doses, fractionné demi (1/2) co, à ajuster selon la tolérance. D’ailleurs, la chloroquine est un médicament avec très peu d’effets secondaires. J’en ai pris personnellement quand j’avais fait la malaria lorsque j’étais résident de troisième année à la Maternité Isaïe Jeanty, à Chancerelles qui est une zone marécageuse. L’anecdote suivante peut corroborer ce que nous avons avancé plus haut en ce qui a trait au peu de connaissances de la chloroquine dans certains milieux : Dans les années 1970 aux USA, à New York plus précisément, une femme est entrée à l’hôpital pour une fièvre persistante. On l’a hospitalisée et toute une batterie d’examens demandés s’étaient révélés négatifs pendant qu’elle continuait à être fébrile. Un médecin haïtien qui travaillait à l’hôpital a entendu parler du cas : une femme avec une fièvre à allure vespérale, courbature, mal de tête. Il a dit : mais c’est de la malaria. Effectivement, un test de malaria pratiqué immédiatement s’était révélé positif. La patiente a été traitée à la chloroquine et a pu rentrer chez elle. Quid de notre relation avec la chloroquine en Haïti ? Au début des années 1960, la malaria sévissait en Haïti. Aussi une grande institution a-t-elle été créée avec de gros moyens financiers et logistiques pour y faire face. Il s’agissait du Service National d’Éradication de la Malaria (SNEM). On déléguait des agents de santé dans tous les recoins du pays pour faire le porte-à-porte et apporter de la chloroquine à la population à titre de prévention contre la malaria. Ainsi, une très large frange de la population avait reçu ce médicament pendant des années jusqu’à ce qu’on ait eu une baisse réellement significative de l’incidence de l’entité nosologique. Jusqu’à présent, la chloroquine est prescrite au quotidien en Haïti car la malaria y est toujours à l’état endémique. De ce fait, si les résultats obtenus par le Pr. D. Raoult avec la chloroquine dans le traitement du Covid 19 sont probants et puisqu’une grande partie de la population haïtienne a reçu de la chloroquine pendant soixante (60) ans, on peut présumer que cela a joué en notre faveur dans la production d’une résistance même partielle vis-à-vis du Covid 19. La troisième raison : Elle vient d’une observation faite au niveau des Haïtiens vivant surtout aux USA qui ont payé un très lourd tribut au Covid 19. Probablement, il y en a parmi eux qui, avant leur départ d’Haïti, avaient développé des anticorps dont on a parlé (première raison) et qui avaient reçu aussi de la chloroquine soit directement, soit par une transmission parentale. Cependant il leur manquait un autre facteur : la chaleur, le soleil qui fait défaut surtout en hiver dans les pays à climat tempéré. Il semble donc que pour avoir une certaine résistance vis-à-vis de ce nouveau Corona virus, il faut la combinaison des trois (3) facteurs. Si on fait bien attention, on verra que l’épidémie a commencé en Chine en plein hiver 2019 et s’est propagée rapidement dans les pays à climat tempéré pour devenir une pandémie. Quand l’hiver a tiré à sa fin, on a eu une baisse significative de l’incidence de la maladie un peu partout au point qu’on a ordonné le déconfinement des populations. Et maintenant avec l’approche de l’hiver à nouveau avec une température qui oscille au quotidien (aujourd’hui il fait bon, le lendemain matin on a une baisse marquée de la température), on assiste déjà à un regain de vitalité du virus. On doit faire très attention à cette période hivernale qui arrive.       Nous pouvons ajouter que les raisons (3) que nous avons mentionnées dans la protection partielle des Haïtiens contre le Covid 19 sont valables aussi pour certains pays africains à climat non tempéré. En guise de conclusion, nous pouvons dire que nous autres en Haïti nous sommes, Dieu merci, pour une fois du bon côté, sur la bonne liste. Alors que les Américains ne peuvent pas traverser la frontière pour entrer au Canada, ironie du sort, les Haïtiens qui détiennent un visa ont le droit de voyager au Canada quand ils veulent, bien entendu s’ils évitent de passer par les USA pour pénétrer sur le territoire canadien.