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Le Nouvelliste

Maxine Waters enjoint l’ambassadeur Michele Sison à s’opposer à l’organisation des élections

Oct. 6, 2020, midnight

La congresswoman démocrate, Maxine Waters, appelle l’ambassadeur des Etats-Unis, Michele J. Sison à s’opposer à l’organisation d’élections qui, dans les conditions actuelles, risquent d’augmenter le risque de chaos et de violence en Haïti. « Je vous enjoins  d’utiliser votre considérable expérience diplomatique et votre influence auprès du gouvernement Haïtien pour promouvoir le respect du règne de la loi, des droits humains de base et de vous opposer à l’organisation d’élections en Haïti », a écrit la congresswoman Maxine Waters à l’ambassadeur Sison. Pour l’élue démocrate de la Californie, les élections ne sont possibles pas avant que ne s’arrêtent les vastes attaques politiquement motivées contre des critiques du gouvernement ; que leurs auteurs ne soient tenus responsables ; qu’un CEP ne soit formé avec la large participation de la société civile, en accord avec la constitution haïtienne et que tous les partis politiques, les parties prenantes, les organisations de la société civile et les citoyens haïtiens ne soient capables de participer sans peur aux élections. « Je vous avais mise en garde, dans une lettre le 28 mai, qu’Haïti est en grand danger de glisser dans la spirale du chaos et de la violence. Malheureusement, c’est précisément ce qui arrive », a poursuivi la congresswoman Maxine Waters, soulignant qu’au milieu du chaos et de la violence, le gouvernement haïtien, sous Jovenel Moïse, s’apprête à organiser des élections largement perçues à la fois comme illégitimes et inconstitutionnelles. La Constitution haïtienne requiert que les élections soient organisées par un Conseil électoral provisoire (CEP) de neuf membres, représentants de différents secteurs de la société civile , incluant les églises catholiques et protestantes, d’organisations de défense des droits humains, de présidents des universités et d’associations du secteur privé, a indiqué Maxine Waters. La congresswoman a aussi souligné que les membres du précédent CEP, au moment de démissionner, avaient appelé l’exécutif à initier un dialogue pour obtenir un large accord pour aller de l’avant dans l’organisation des élections. « Depuis, chaque secteur a refusé de désigner un représentant au sein du nouveau CEP, exprimant des appréhensions quant à la crédibilité de n’importe quelle élection organisée sous Jovenel Moïse », a-t-elle fait remarquer.   Maxine Waters a indiqué que Moïse a choisi unilatéralement les membres du CEP par un décret qui viole la Constitution en lui confiant la mission d’organiser un référendum pour changer la Constitution. Des académiques et des leaders de l’opposition, des défenseurs de droits humains et des observateurs signalent que l’acte n’est pas seulement illégal, inconstitutionnel mais qu'il rappelle des actions similaires posées par l’ex-dictateur François Duvalier (Papa Doc) pour consolider son pouvoir. « Quand la Cour de cassation a refusé la prestation de serment du CEP choisi par Jovenel Moïse, ce dernier les a installés quand même, en violation de la Constitution », a écrit Maxine Waters qui a évoqué une série d’assassinats perpétrés, dont celui de l’animateur Frantz Adrien Bony, de l’homme d’affaires Michel Saieh, de Me Monferrier Dorval. Les gangs attaquent des quartiers populeux perçus comme opposés au président Moïse. Il y a des évidences que ces violences sont coordonnées, si ce n’est pas encouragées par le gouvernement Moïse. Jimmy Chérizier « Barbecue », selon des rapports, a multiplié les attaques contre des civils dans les quartiers pauvres de Port-au-Prince.   Des élections crédibles ne peuvent pas être organisées par ce CEP largement perçu comme illégitime et inconstitutionnel, dans cette atmosphère d’attaque contre des critiques du gouvernement. Si le gouvernement haïtien réalise ces élections dans ce contexte de crise politique, cela augmentera le risque de chaos et de violence susceptible de mettre en danger les intérêts des Etats-Unis dans une Haïti stable et prospère, a-t-elle indiqué dans cette lettre l’ambassadeur Michele Sison. Après la publication de l’arrêté créant ce CEP, les Etats-Unis avaient pris note et indique attendre la publication du décret et du calendrier électoral.