Le Nouvelliste
La police disperse les manifs à coup de gaz lacrymogène
Oct. 4, 2019, midnight
La police a abusivement lancé du gaz lacrymogène au Cayes (troisième ville du pays), avant 12 heures, pour disperser la manifestation anti-Jovenel Moïse, organisée ce vendredi, par l’opposition démocratique. Les agents de l’ordre ont procédé à l’arrestation d’une dame armée d’une machette. Celle-ci est actuellement placée en garde à vue au commissariat. « Ce n’est pas normale que la police nous empêche d’exprimer nos revendications », a fustigé une manifestante qui s’exprimait au micro des journalistes. Il était quelques milliers de citoyens à fouler le macadam dans le département du Sud pour exiger le départ sans condition du 58e président de la République. Les manifestants, munis de pancartes, et de branches d’arbres, reprochent à « nèg bannan nan » d'être responsable de la détérioration de la situation socio-économique du pays. La ville des Cayes est au bord d’une crise humanitaire inquiétante. « Pas de carburant. Pas d’électricité depuis plusieurs semaines. Les habitants n’ont pas à leur disposition d’eau potable tandis que les produits de première nécessité ne cessent de grimper au cours de ces trois dernières semaines. Les activités commerciales sont quasiment paralysées ainsi que les transports en commun. A Port-au-Prince, la situation est similaire. La police ont fait usage de gaz lacrymogène à profusion au niveau de Clercine (Logbase(base Minustah), carrefour Rita) pour disperser les manifestants qui avaient un message à livrer aux représentants des Nations unies en Haïti. Malgré les dispositifs de sécurité établis par les forces de l'ordre, certains membres de l’opposition, dont des sénateurs ont réussi à entrer dans le Logbase pour faire comprendre aux représentants des Nations unies en Haïti qu’« il faut lâcher Jovenel Moïse. "Jovenel ne mènera le pays nulle part », a expliqué le sénateur Evalière Beauplan, élu du Nord'Ouest. Quant à Jérémie, Chef lieu du département de la Grand’Anse, rapporte un correspondant de la radio Vision 2000, des individus armés non identifiés ont ouvert le feu sur les manifestants. Plusieurs personnes en sont sorties blessées.