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Le Nouvelliste

Aucun parti membre de la Direction politique de l’opposition démocratique n’a eu de rencontre avec le président Jovenel Moïse

Oct. 26, 2020, midnight

De qui parle le président de la République  quand il affirme dans son adresse à la nation  qu’il s’est personnellement engagé ces trois derniers mois dans des discussions avec de « grands acteurs de la scène politique » sur de nombreux sujets devant aboutir à la stabilité, à la croissance économique, à la modernisation  entre autres ? En tout cas, il ne s’agit pas des membres de la Direction politique de l’opposition démocratique (DIRPOD) constituée du Secteur démocratique et populaire, de l’OPL, de la Fusion des sociaux-démocrates, de Veye Yo, de Inite et de Verite. Dans une note portant la signature de Nenel Cassy, de Génard Joseph et de Kénol Mathieu, la direction politique de l’opposition précise qu’aucune négociation, autour d’un quelconque accord, n’est actuellement en cours avec la présidence. « Aucun parti membre de la DIRPOD n’a été́ contacté ni n’a pris part à aucune rencontre avec le Président de la République », font savoir les structures formant la DIRPOD qui opposent un démenti formel à la déclaration de ce président. Elles accusent le président de la République  de chercher « à induire la population en erreur en affirmant qu’il négocie depuis trois mois un projet d’accord avec l’opposition ».   Sur Magik9 lundi, l’ancien sénateur Sorel Jacynthe, membre fondateur de l’Inite a, de son côté, précisé qu’ils n’ont été contactés par aucun proche du président.  L’ex-représentant du département de la Grand’Anse au Sénat de la République n’a pas écarté la possibilité de rencontrer le chef de l’État. « Nous sommes en politique. Tout est possible », soutient Sorel Jacynthe.  Mais ces discussions, selon lui, n’auront lieu que si le chef de l’Etat admet d’abord que son « mandat prend constitutionnellement fin en février 2021 » et qu’il souhaite négocier sa démission et  préparer son départ avec l’opposition.  Sorel Jacynthe affirme ne pas faire confiance au chef de l’Etat qu’il qualifie de « menteur ». Il a rappelé que Jovenel Moïse avait déjà pris, par le passé, plusieurs initiatives pour dialoguer avec l’opposition. Mais ces initiatives n’ont pas pu aboutir puisqu’il les a lui-même sabotées à chaque fois, au dire de l'ancien parlementaire. Les dirigeants de la DIRPOD critiquent la démarche du chef de l’Etat qui veut doter le pays d’une nouvelle Constitution. « La DIRPOD tient à rappeler au président Moïse qu’il a prêté le serment solennel de respecter et de faire respecter la Constitution et que de ce fait il se rend parjure et commet un crime de haute trahison en prétendant vouloir changer la Constitution qu’il prend un malin plaisir à violer », soulignent les signataires de la note qui annoncent que la question des modifications à apporter à la Constitution figurent parmi les points essentiels qui figureront dans l’agenda de la « Conférence nationale ».  Convaincu que le mandat du chef de l’Etat prendra fin le 7 février 2021, les membres de la DIRPOD lui conseillent « de  mettre à profit les 105 jours qui lui restent à passer au pouvoir pour restaurer l’autorité de l’État, ramener la sécurité sur le territoire, mettre un terme aux kidnappings et poursuivre les dilapidateurs du fonds PetroCaribe et les assassins des massacres de La Saline, de Bel-Air, de Carrefour-Feuilles, du bâtonnier Monferrier Dorval, de l'étudiant Gregory Saint Hilaire, Elias Eric Diogène, dit Ricot, et les nombreux autres ». Initiative Patriote Marien n’a pris part à aucune négociation avec le chef de l’État L’ex-député Hugues Célestin de l’Initiative Patriote Marien a confirmé qu’eux non plus ils n’ont pas rencontré le président Jovenel Moïse.   « Le mandat du président prendra fin le 7 février 2021. Pour qu’il y ait discussions avec le chef de l’Etat, il faudrait que ce préalable soit sur la table des négociations », déclare l’ex-parlementaire lundi sur Magik9. Hugues Célestin souligne un ensemble d’autres irritants, telle que la formation de manière unilatérale du Conseil électoral qui devrait d’abord être enlevée avant d’entamer des négociations avec Jovenel Moïse.