Le Nouvelliste
Calme apparent au Bicentenaire : une lueur d’espoir au palais de Justice
Jan. 15, 2020, midnight
Le barreau, le parquet, la cour d’appel et le tribunal de première instance de la juridiction de Port-au-Prince ont recommencé à fonctionner. Les employés présents, le palais de justice est comble pour la première fois depuis août 2019. Pour l’instant, et ce depuis décembre 2019, seules les assises correctionnelles ont débuté. Les assises criminelles devront être relancées d’ici la semaine prochaine, a appris le journal. Celles-ci avaient été interrompues en août 2019 à cause de l’instabilité sociopolitique dans le pays. Bon nombre de justiciables profitent de cette reprise des activités pour régler leurs affaires, rechercher une pièce ou déclasser un dossier. Ce nouvel élan que prend le palais de justice coïncide avec un temps de paix qui règne au boulevard Harry Truman. Les gangs rivaux ont déposé les armes depuis environ deux semaines. Le calme revient. Pourtant cette stabilité ne rassure personne. En atteste cette dame frisant la quarantaine, qui, vers midi et demie, s’apprêtait à quitter ledit palais à bord de sa Rav4 noire. Une fois devant la barrière, elle observe une pause d’une minute avant d’arpenter le boulevard Harry Truman. Pendant ce temps-là, elle fait un grand signe de la croix. Puis, elle accélère… « On est obligé d’être sur nos gardes. On ignore quand ils vont passer à l’attaque et qui sera leur cible », lâche un jeune homme, dreadlocks, qui assure la maintenance au parking dudit palais. Le palais de justice n’est pas hors d'atteinte malgré la distance le séparant de la «VAR». Le cas de l'huissier Bob Dolciné le prouve. Il a été atteint d’un projectile le 31 décembre 2019 et est décédé des suites de ses blessures, alors qu’il était devant la barrière du tribunal. Ce jour-là, des unités spécialisées de la police nationale menaient une opération à Village-de-Dieu. Malgré les craintes des uns et des autres, mercredi matin, jusque vers une heure de l’après-midi, quelques motards, des véhicules privés et des tap-tap assurant les transports en commun ont entre autres été observés. Ces véhicules parcourant le trajet compris entre la station des Gonaïves et le Théâtre national vont jusqu’à traverser la «VAR» imposée par les bandits armés de Village-de-Dieu. En outre, un véhicule blindé de la police nationale est toujours sur les lieux pour rassurer que la situation est sous contrôle. N’empêche que le Bicentenaire est peu fréquenté et que ce calme est éphémère puisque le problème n’est pas résolu en amont.