Le Nouvelliste
Les étudiants grévistes révèlent avoir été attaqués par des individus au sein de la FDSE
Oct. 18, 2019, midnight
L’événement s’est produit peu de temps après le départ d’une équipe de la Croix-Rouge haïtienne qui venait tout juste de se mettre au chevet de deux nouveaux grévistes dont l’état de santé se détériorait, révèle l’étudiant. Les malades ont été placés en réanimation hydroélectrolytique à l’aide d’une perfusion intraveineuse, à l’instar de quatre autres qui, préablement, ont été transportés d’urgence le mercredi 16 octobre 2019 à l'hôpital par le Centre ambulancier national (CAN), avant d’être ramenés aux côtés de leurs camarades en grève. Ils sont plus dizaine d’étudiants issus de plusieurs entités de l’Université d’État d’Haïti (UEH) et d’universités privées qui ont décidé, depuis 6 jours, d’observer une grève de faim jusqu’à la démission du président Jovenel Moïse qui, estiment-ils, se révèle incapable de gérer la situation de crise multidimensionnelle qui secoue le pays. Ils dressent donc leur baraque dans une salle non électrifiée à la FDSE. Dans cette salle, on y voit des affiches arborant des messages qui expriment leur ras-le-bol : « Grèv grangou kont sistèm peze souse a k ap fini ak jenès peyi a » ; « Lajenès di fòk pwosè PetwoKaribe a fèt, pou tout moun ki koupab al nan prizon » ; « Aba sistèm ki rann jenès la ap viv tankou kokorat », écrivent ces étudiants qui entendent ajouter de l’huile sur le feu des interminables mobilisations engagées contre le pouvoir en place depuis plusieurs mois. « En tant qu’étudiants, nous ne saurions rester passifs face à ce qui se passe actuellement dans le pays. Il s’agit pour nous d’apporter notre support aux différentes mobilisations populaires organisées dans tout le pays. Nous décidons de nous engager pour l’avenir d'Haïti. Nous demandons alors au président Jovenel Moïse de se ressaisir. Toutes les activités du pays ne peuvent plus rester paralysées à cause d’un seul homme », martèle l’un des porte-voix des grévistes, Alcé Alex, étudiant de l’École de droit et des sciences économiques des Gonaïves (EGSEG). Pour lui, la crise est systémique et endémique. Les institutions sont désacralisées. La vie des citoyens également. Mais la grève illimitée prendra fin, soutient-il, lorsque le président, incapable de gérer la situation, remettra sa démission. « Nous avons choisi de faire cette grève contre le système implanté contre la jeunesse. Cette grève est contre l’inflation, l’insécurité, la corruption, le chômage, la misère, l’impunité et la répression orientée contre le peuple. Nous ne partirons d’ici que lorsque le président tirera sa révérence », ajoute une jeune étudiante gréviste, membre du Regwoupman etidyan ayisyen (REA)/ Regroupement des étudiants haïtiens. Interpellé par leur situation, le rectorat de l'UEH avait fait appel, le mercredi 16 octobre, à la Croix-Rouge haïtienne à leur apporter une assistance médicale. L'institution avait annoncé qu'elle dispose d’une équipe constituée d'agents de sécurité de l'UEH pour accueillir le personnel de la Croix-Rouge.