Le Nouvelliste
L’OCID préconise le consensus, appelle au retrait de l’arrêté sur le CEP et la Constitution
Sept. 29, 2020, midnight
L’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie dit prendre acte de la nomination, par arrêté présidentiel, des neuf membres d’un Conseil électoral provisoire formé sans consensus politique par le pouvoir exécutif. Selon l’OCID, cette mesure unilatérale du pouvoir en place ne fait qu’aggraver la crise politique dont le dénouement était déjà difficile. Les membres de cet organisme n’entendent même pas débattre sur la prestation de serment des conseillers électoraux car l’arrêté est inconstitutionnel. « Le processus électoral est vicié à la base », soutient Abdonel Doudou, directeur exécutif de Jurimédia. Selon lui, il faut lancer un dialogue politique autour de la crise pour trouver un accord qui déterminera la tournure des élections. M. Doudou a fait remarquer que ce pouvoir « fragile » doit tirer leçon de l’administration Martelly qui a été obligée de composer lors même qu’il y avait un Parlement. Ce Conseil électoral provisoire ne saura mener à terme ses missions : référendum pour amender la Constitution et la réalisation des élections. « L’arrêté est nul et non avenu », insiste-t-il. Pour le directeur de l’Initiative de la société civile, Rosny Desroches, on ne peut sortir de ce marasme sans des discussions. Il faut un débat sur le lendemain d’Haïti, des opinions, des visions et des sensibilités politiques différentes. Les acteurs, ouverts, doivent être prêts à trouver des compromis pour le bien du pays. Selon le défenseur de droits humains, on ne doit pas rater l’opportunité de retirer les « irritants » de la Constitution et « équilibrer » les pouvoirs politiques. Par ailleurs, les acteurs de l’OCID enjoignent le pouvoir exécutif de rapporter l’arrêté. Selon eux, le temps des pouvoirs assurant leur hégémonie grâce aux groupes armés est révolu. Dénonçant la recrudescence de l’insécurité dans le pays, les membres du comité de pilotage de l’Observatoire ont souligné qu’il ne revient pas aux autorités concernées de condamner la situation d’insécurité mortifère du pays. « Qu’ils prennent leurs responsabilités pour garantir le droit à la vie et à la sécurité des citoyens. Qu’ils cessent de déplorer », recommandent-ils.