Le Nouvelliste
Plateau central : les organisations de femmes appellent les secteurs à s'impliquer pour éradiquer les violences faites aux femmes et aux enfants
March 11, 2021, midnight
Dans de nombreuses communautés du département du Centre, des organisations de femmes ont célébré la Journée internationale des femmes ce 8 mars. À cette occasion, elles en ont profité pour réaliser toute une série d'activités pour marquer cette date. D'un côté, le réseau de femmes du Mouvement des paysans de Papaye (MPP) appelle tous les secteurs à s'impliquer davantage pour éradiquer toutes formes de violences faites aux femmes et aux enfants. De l'autre, l'organisation de femmes de Dos Sully, s'est réunie à l'église Nouvelle Vie pour réfléchir sur leurs droits en vue de se mobiliser pour les faire respecter. «Fanm MPP nan batay kont diktati». C'est sur ce thème que 150 déléguées de femmes réunies à «Sant fòmasyon kad peyizan Papay» pour célébrer la Journée internationale des droits de la femme. Juslène Saint-Fleur, coordonnatrice du réseau de femmes du Mouvement des paysans de Papaye (MPP), estime que les femmes haïtiennes ne jouissent pas de tous les privilèges auxquels elles ont droit dans le pays et qu'elles sont les victimes de toutes sortes de violences dans leurs communautés respectives et de discriminations dans les institutions. «Les femmes sont l'avenir de l'homme et le futur de l'humanité, il faut prendre des dispositions sécuritaires pour qu'elles puissent être protégées par des lois au sein des institutions publiques. Elles subissent le harcèlement sexuel et la discrimination au travail. On ne peut pas se contenter de dire que la femme haïtienne est belle, mais il faut lui donner la capacité de s'émanciper en reconnaissant sa vraie valeur dans la société.» «Notre présence ici aujourd'hui, ajoute-t-elle, ne doit pas être un moment de joie, mais elle doit s'inscrire dans une dynamique de changement. On doit faire une évaluation de la situation des femmes dans les lieux de travail et proposer des changements.» Le porte-parole du Mouvement des paysans de Papaye, Chavannes Jean-Baptiste, pour sa part, pense que les femmes doivent mieux s'impliquer dans la politique du pays pour changer le sort de cette nation. «Nous réclamons une meilleure représentation de la femme dans les sphères de la politique du pays; les femmes ont leur place dans la vie politique d'Haïti. Après plus de 200 ans d'indépendance, si les femmes étaient réellement impliquées dans la politique, le pays ne serait plus à ce niveau de pauvreté», a-t-il déclaré. «Les femmes peuvent faire une politique qui a une certaine sensibilité sociale, une politique humaniste qui peut harmoniser le pouvoir par rapport à des revendications sociales», a-t-il conclu. Me Prospère Théisme, pour sa part, voit dans cette célébration un mérite pour ce que représente la femme dans la société haïtienne. «Les femmes haïtiennes sont les «poto mitan» de la famille. Femmes pour qui chaque jour est un combat et un miracle. Je m'incline en particulier devant les femmes rurales qui se dédient à l'accomplissement de leur mission centrée sur l'émancipation depuis un bon bout de temps sans se fatiguer», a déclaré Me Prospère Théisme, invité à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme à prononcer un discours sur les droits de la femme au profit des membres de l'organisation des femmes de Dos Sully. Il est temps de passer à l'action pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes. Cette invitation à l'action nous interpelle tous dans la mesure où nous réclamons justice pour toutes les femmes victimes d'agression sexuelle, physique et sociale.