Le Nouvelliste
Marie-Yolène Gilles plaide pour un leadership féminin
March 9, 2021, midnight
Le 8 mars ramène la Journée internationale des droits de la femme, laquelle est célébrée cette année sur le thème « Leadership féminin: pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 ». Cette idée tombe pile-poil au souhait de Marie-Yolène Gilles, militante de défense des droits humains, qui aimerait voir plus de femmes dans des postes de décision. Marie-Yolène Gilles, qui milite dans des structures organisées depuis plus de vingt ans pour le respect des droits de la personne humaine, ne manque pas d’arguments en expliquant les raisons pour lesquelles elle souhaiterait voir émerger un leadership féminin en Haïti. « Les femmes ont des visions ; elles ont un leadership né qui leur permet de donner en général des résultats dans le cadre de leur gestion », a-t-elle déclaré. En bon cheffe de file, madame Gilles dit être orientée vers des résultats et n’accepte aucune excuse quant aux freins qui pourraient empêcher les femmes de se hisser au sommet. Elle les invite, en ce sens, à s’imposer sans attendre le support de l’État « Nous vivons dans une société machiste, il revient aux femmes de s’imposer », a-t-elle martelé, tout en encourageant ces dernières à se soutenir mutuellement pour favoriser leur réussite. « Il faut qu’il y ait des femmes qui s’impliquent volontairement dans des postes de décision. Pour ce faire, elles doivent voler au-delà de tout sujet tabou. Il ne faut pas qu’elles restent passives. Ce sont les femmes qui connaissent les besoins spécifiques des femmes. Donc, ce n’est pas aux hommes de penser pour elles », a soutenu la responsable de la Fondation Je klere, qui vante une nouvelle fois le leadership des femmes qui, a-t-elle ajouté, dirigent sur une base d’équité. Le corps des femmes, c’est là où elles sont souvent attaquées par des détracteurs. Madame Gilles invite la gent féminine à ne pas se laisser intimider. Les femmes peuvent briguer tous les postes. Or, elles sont sous-représentées dans l’administration publique. Par exemple, au niveau du haut commandement de la PNH, peu de femmes y sont présentes, a-t-elle fait remarquer. « Comme présence féminine, il y a deux inspectrices générales, trois commissaires divisionnaires, six commissaires principales, deux commissaires municipales », a-t-elle listé. Depuis 1957, les femmes haïtiennes ont obtenu le droit de vote. Elles ne sont plus mineures et sont des citoyennes à part entière. Ce sont là des avancées que Mme Gilles a soulignées sur la question du respect des droits humains qui ont également évolué, vu sous un angle plus large. Selon elle, le combat maintenant porte sur la nécessité d’avoir des femmes dans des postes à responsabilités.