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Le Nouvelliste

  L’OIF en Haïti, un engagement pour le développement du multi-linguisme et la diversité culturelle

March 4, 2021, midnight

En Haïti, les efforts les plus concrets de l’OIF se situent dans les soutiens accordés à de multiples activités visant le développement du multilinguisme, une promotion tant du français que du créole. L’Organisation a notamment soutenu le festival des cultures du créole, des publications de magazine en créole, l’accès à la culture, à travers notamment le festival Quatre Chemins, le festival de documentaires, le festival des musiques du monde, le festival En lisant de Ciné Colo, d’autres réalisations cinématographiques ainsi qu’un ensemble d’autres d’activités assurant la promotion de la langue et de la culture, sans oublier l’accompagnement à la production de plusieurs ouvrages. Depuis des années, l’OIF soutient une politique de promotion de la lecture publique en Haïti. C’est en ce sens que l’institution, de concert avec le ministère de la Culture et de la Communication, la Direction nationale du livre (DNL), est parvenue à implanter des Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) dans plusieurs régions du pays : « Cabaret, Verrettes, St- Michel, Dessalines, St-Raphaël, Gros-Morne, Plaisance, Limonade, Trou-du-Nord, Grande-Rivière-du-Nord, Gonaïves, St-Marc, Camp-Coq, Port-Salut, Chantal et Coteaux. » Pour le moment, l’OIF a paraphé un protocole avec le ministère de la Culture pour procéder à l’extension et la modernisation des CLAC. « Nous allons renouveler le fonds documentaire des CLAC. Actuellement, nous travaillons sur la mise en place des panneaux solaires (autonomie énergétique), la réhabilitation des locaux. Notre ambition consiste à passer à la nouvelle génération des CLAC 2.0, où il y a aura des tablettes numériques pour accéder à des bases documentaires allant de 3000 à 5000 ouvrages. L’idée consiste à transformer les CLAC en des centres d’appropriation du numérique... on va les moderniser pour que les jeunes (des régions) puissent s’approprier le numérique à travers les CLAC », fait savoir Emmanuel Adjovi.    Par ailleurs, dans le cadre d’un « Fonds image » disponible à l’OIF, la réalisatrice haïtienne Guetty Félin, a bénéficié de l’OIF un montant de 180 mille euros, en 2020, le plus gros financement de toute la francophonie, à travers le « Fonds image », pour sa production cinématographique «« Un coq sur un escalier de secours ».  Haïti est le premier pays à bénéficier de ce fonds. D’autres réalisations haïtiennes ont été également soutenues, en vue de sauvegarder la mémoire, s’est réjoui Emmanuel Adjovi, originaire du Bénin. « Absence d’une industrie culturelle, les artistes ne vivent pas de leurs œuvres... » S’il y a un secteur en Haïti qui, même à l’épreuve des crises politiques ou sanitaires, continue de tenir le coup, bon gré, mal gré, est celui de la production culturelle et artistique. Comme le reconnait Emmanuel Adjovi, Haïti est un pays de grands artistes où la production est très rayonnante. Mais, observe-t-il, la majorité des artistes n'y vivent pas de leurs œuvres. « Cela veut dire que le pays ne dispose pas d’industrie culturelle. Il faut une organisation. Il faut que le pays dispose d’une colonne vertébrale en matière de culture. La première à poser est la mise en place d’une stratégie nationale dans le domaine de l’industrie culturelle. La stratégie doit conduire à l’organisation de filières des industries culturelles », estime le représentant qui évoque, dans cette perspective, l’adoption d’une stratégie nationale des industries culturelles avec le ministère de la Culture et de la Communication. Prix jeune journaliste, promotion du numérique et des actions pour le développement durable... Depuis 2015, l’OIF organise un concours « Prix jeune journaliste haïtien », à travers lequel des jeunes journalistes sont amenés à produire des reportages sur des thématiques liées à des enjeux de société. « Les journalistes sont des composantes essentielles de la démocratie. Il n’y a pas de démocratie sans le pluralisme médiatique. Les médias constituent le carburant de la démocratie... Il faut travailler à la liberté de la presse, mais aussi à la professionnalisation, à la responsabilisation des médias », soutient Emmanuel Adjovi, qui traîne également toute une carrière dans le journalisme. Au niveau du numérique, l’OIF développe de partenariat avec des institutions évoluant dans la technologie dont ISOC-Haïti, Banj, Alpha Haïti du ciné Triomphe, assurant de formation sur les technologies émergentes pour que les jeunes puissent utiliser le big data à leurs avantages. L’Organisation développe aussi des collaborations avec l’entreprise de technologie « Transverval ». L’OIF s’implique dans des activités de formation professionnelle et technique, en travaillant notamment avec l’Institut national de la formation professionnelle en Haïti, l’Institut de formation, d’éducation de la francophonie à Dakar. Elle soutient l’institution Haïti Tech, en termes d’amélioration de curricula et formation pour des enseignants sur les technologies éducatives émergentes en matière de formation des jeunes, eu égard aux changements profonds qui se réalisent avec le numérique. Des efforts sont également consentis pour mieux accompagner et financer l’innovation des jeunes dans le numérique, explique Emmanuel Adjovi. Dans le cadre de sa promotion pour le développement durable, plus de 500 jeunes Haïtiens ont bénéficié à l’Institution francophone pour le développement à Québec de formation appropriée. Des formations sont tenues pour des jeunes au niveau du département du Nord. Des jeunes filles-mères ont également bénéficié des séances de formation diplômantes soutenues par L’OIF qui, pour l’instant, développe un partenariat avec l’Union européenne pour mettre en place un projet sur le développement durable pour les jeunes. Il s’agit de mieux les préparer à investir pour le marché du travail et les sensibiliser aux enjeux environnementaux et énergétiques... »  L’organisation a lancé un fonds de la francophonie dénommé « La Francophonie avec elles », pour accompagner des femmes affectées par la Covid-19, puisqu’elles figurent parmi les premières catégories de personnes à être exposées au virus. L’institution collabore avec plusieurs structures d’organisation de femmes, dont l’ONU femmes, le Forum des femmes pour la paix, en lien avec la Plateforme des femmes haïtiennes pour le développement, sur un certain nombre de projets. Placer le bureau de l’OIF en Haïti est à la fois une marque de « reconnaissance » pour son rôle dans la francophonie, mais également un « défi » pour le pays lui-même, étant l’un des membres fondateurs. Pour Emmanuel Adjovi, Haïti a rempli tous les critères pour accueillir un tel bureau, lequel a la vocation de faire en sorte que les idéaux francophones de solidarité, les idéaux humanistes puissent rayonner dans la région » à travers les principales missions de l’Organisation internationale de la francophonie créée en mars 1970 : promotion de la langue française et la diversité culturelle et linguistique, la démocratie, les droits de l’homme et de l’État de droit, soutien à l’éducation, la formation technique et professionnelle et soutenir le développement durable...