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Le Nouvelliste

L’OPC réalise, sur fond de menaces, deux journées d’assises sur l'avant-projet de la Constitution

Feb. 23, 2021, midnight

En raison de menaces et d’intimidations, les assises multisectorielles organisées par l'Office de la protection du citoyen sur l’avant-projet de la Constitution seront réalisées au local dudit office à Bourdon. Le lieu de la tenue des assises est reporté « suite à des pressions exercées sur l’hôtel Montana ». Selon le Protecteur du citoyen, on a menacé d’incendier l’hôtel. Ces assises font suite au forum qu’avait organisé l’OPC les 12 et 13 août 2020 sur la réforme constitutionnelle et le régime politique. Une synthèse de ce forum a été remise le 28 août de la même année aux médias, aux autorités étatiques, entre autres. Quelques mois plus tard, le comité indépendant mis sur pied par l’exécutif publie l’avant-projet de la Constitution. « Eh tant que structure étatique et afin de rester cohérent, nous avons décidé de manière académique, méthodique et classique d’analyser le document. C’est aussi un travail de comparaison pour vérifier la conformité de l’avant-projet avec les attentes de ceux qui avaient participé au forum », a fait savoir Me Renan Hédouville. D’où l’objectif de ces assises devant réunir mardi et mercredi des hommes de loi : avocats, juges, membres de la société civile, représentants de l’OPC… « Depuis que nous avons publiquement annoncé l’activité, nous commençons à subir des menaces. Des menaces directes sur notre local, le personnel de l’OPC, le Protecteur du citoyen, entre autres », a déclaré Me Hédouville, citant au passage les noms de Schiller Louidor et de Déus Déroneth comme ceux qui ont, tour à tour, proféré des menaces et attisé les tentations incendiaires. Un autre leader politique dont le Protecteur se garde de citer le nom a écrit à l’office pour le menacer. Le Protecteur du citoyen dit penser que c’est de l’ignorance, de l’intolérance, de l’intimidation et de la violence rappelant les moments de la dictature, du bâillonnement de la parole. L’homme de loi en a profité pour retracer des assassinats marquants perpétrés entre 1987 et 1992, afin de chercher à faire taire les gens. Pour lui, c’est regrettable du fait qu’en 2021 on tente de nous basculer vers cette période. « De qui aurions-nous peur ? », s’est demandé le militant des droits humains. Sans équivoque, le Protecteur affirme qu’il ne se laissera pas intimider. « On va organiser des assises sur la conformité de ce document avec celui de l’OPC », a-t-il affirmé. D’autres assises devront s’ensuivre afin de favoriser une plus grande participation. Concernant les menaces subies, le service juridique de l’OPC a déjà déposé une plainte au parquet de Port-au-Prince et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) contre Schiller Louidor et Déus Déronethe notamment. « On les rend responsables de tout ce qui pourrait nous arriver au local de l’OPC et à ses employés », a prévenu le protecteur, soulignant que l’Office est compétent pour agiter le débat sur n’importe quel sujet. S’il défend la liberté de la presse et la tolérance, le Protecteur du citoyen estime que « c’est grave » que des gens exercent des pressions sur un hôtel, l’obligeant à ne pas recevoir une activité de débat. Il a rappelé que demain, ce serait probablement une université, une église, une station de radio.