Le Nouvelliste
Sans peur ni crainte
Oct. 16, 2020, midnight
Nous sommes tristes, nous sommes dans une affliction profonde quand la mort, même, naturelle frappe des êtres qui ont choisi de vivre, non pour eux-mêmes et leurs proches, mais, pour le bonheur des autres, qui se sont donné tout entier pour le bien public, pour une cause nationale. C’est ce sentiment qui nous traverse, profondément, quand Haïti perd un Grenadier, un Guerrier de lumière, une Magistrature morale de la trempe de Jean Marie Hardy Pierre. C’est à de pareils nationaux authentiques que nous pensons quand nous appelons les progressistes, démocrates, dans cette tâche herculéenne de régénération de la société. Quelles que soient leur conviction idéologique, leur appartenance sociale ou religieuse ; quel que soit leur sexe ! Le Rassemblement des Démocrates, Nationaux Progressistes (RDNP) pleure la perte d’un allié naturel, d’un des citoyens de bonne foi, de bonne volonté, de bon commerce dans sa lutte pour freiner la déchéance du pays, pour le relèvement des générations montantes par la transmission du savoir, d’une certaine manière d’être et de penser. Aux jeunes qui ne l’ont pas connu, n’ont pas été ses élèves et sont en quête de modèle de vertu, de dévouement, de dépassement de soi, de dignité, de citoyen amoureux fou de son pays, nous disons que Jean Marie, enseignant jusqu’au bout des ongles, était follement habité par le rêve d’une seule école, d’un seul curriculum, d’un seul uniforme, du moins, pour le secteur public à revitaliser. En moins d’une minute, il pouvait vous dire, dans les moindres détails, combien faut-il d’établissements, d’enseignants, de temps, pour parvenir à la scolarisation universelle, en économisant les fonds alloués à telle chose futile. Il a mené toute sa vie d’enseignant, de syndicaliste, de militant politique, sans jamais, un instant, être saisi par le succès, la gloire, les superfluités terrestres, pourtant, à sa portée. Nous du RDNP, animés par la folle passion du bien public et du bien-être collectif, nous nous découvrons devant la dépouille de cet Haïtien qui mérite de la Patrie léguée par l’Empereur Jean Jacques Dessalines, pour avoir fait, à sa manière, dans son champ d’activité et de compétence, le grand et noble rêve d’une distribution équitable de la richesse nationale. Ce sont de pareils citoyennes et citoyens que nous voulons tirer de leur torpeur, que nous exhortons à se rassembler, pas forcément sous une même chapelle, à s’exprimer, à s’affirmer pour endiguer la vague déferlante et funeste du règne des ténèbres, de l’ignorance, de l’infamie, de l’absurdité des bandits légaux et des gangs armés. Pour nos enfants, pour notre Patrie commune, en mémoire de l’Empereur Dessalines — qui a été assassiné pour avoir défendu les intérêts de tous ceux dont leur père était en Afrique — aucun sacrifice ne peut être trop grand à consentir. Ils sont pourtant très et trop nombreux, celles et ceux qui font le sacrifice de leur vie dans la défense des intérêts et la satisfaction des besoins d’une communauté, d’un secteur quelconque, en dépit des nausées, découragements de la mauvaise gouvernance globale du pays. Qui, bizarrement, se laisse engourdi dans la souffrance, l’humiliation d’une minorité psychologique ou d’une majorité silencieuse. Affirmez-vous ! Exprimez-vous ! Réveillez-vous ! Défendez-vous ! Le régime en place est en train d’insulter votre intelligence, de piétiner votre dignité quand, pour faire diversion ou pirouette politique, il monte un Conseil électoral bancal et fait passer le temps. Personne ne peut dire, aujourd’hui à quoi sert ses neuf conseillers qui, en toute vraisemblance, émarge au Budget national, passant leur temps à jouir des privilèges sans vergogne en mode ‘Karanklou’ . Il en est de même de certains des agents intérimaires, remplaçant les maires élus, qui, sans même se soucier des apparences, laissent toutes les rues de l’aire métropolitaine puantes et inondées de fatras, de remblais, de trous boueux, de carcasses de voiture et toutes les ravines regorgeant de déchets en plastique… On dirait que l’Administration Moïse/Jouthe ferme, définitivement, les yeux sur les calamités qu’endure la population sous le règne des bandits légaux et gangs armés, ne se préoccupant que de se refaire une santé, de tirer des dividendes politiques pour le maintien du régime ou sa perpétuation au pouvoir. Sans peur ni crainte, nous ne cesserons jamais d’alerter les citoyennes et citoyens conséquents face au danger d’un effondrement imminent, au fil des initiatives désespérées de ce pouvoir décadent, au fil des pratiques maladroites, dans ses accès furieux et démesurés de populisme. Pour les générations montantes, en mémoire de notre passé, pour l’avenir, il est obligatoire de sortir de cette profonde torpeur, de prendre à deux mains notre courage ainsi que notre patriotisme pour affronter les forces du mal absolu, dont les bras ne sont, nullement, invincibles parce que déjà vaincus dans l’histoire des mouvements de revendications ou de contestation de ce pays. Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’à la victoire finale. Met men, pran desten nou an men. Eric Jean Baptiste Secrétaire général du RDNP