Le Nouvelliste
Une unité d’élite de la police nationale d’Haïti, chassée de sa base, trouve refuge ailleurs
Oct. 1, 2019, midnight
Port-au-Prince et les zones avoisinantes sont en ébullition en milieu de journée du vendredi 27 septembre. Les villes de province aussi. A l’appel de l’opposition politique, beaucoup de personnes sont dans les rues un peu partout à travers le pays pour exiger la démission du président de la République. La police nationale est plus que jamais sollicitée soit pour accompagner les manifestations ou pour empêcher des actes de pillages. C’est dans ce contexte que la base de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO) logée dans la commune de Cité Soleil au nord de Port-au-Prince a été vandalisée et pillée par des membres de la population. « Pour paralyser le fonctionnement de l’UDMO, depuis jeudi soir, des gens ont mis des barricades sur tout le chemin conduisant à la base de cette unité spécialisée de la police. Grâce à la couverture d’un véhicule blindé, les agents ont pu déplacer les véhicules, les matériels, les équipements, les armes et les munitions qui étaient dans la base… », a expliqué au Nouvelliste un haut gradé de la PNH.Selon notre interlocuteur, des membres de la population de Cité Soleil qui ont envahi la base par la suite n’y ont trouvé rien de grande valeur. « Ils ont incendié la base et emporté quelques uniformes, des bottes, des chaises et autres choses laissées sur place, mais rien d’important », a souligné notre contact.Pour le moment, a-t-il ajouté, l’UDMO est opérationnelle un peu partout dans les rues pour assurer le maintien de l’ordre. Il a reconnu que la situation est compliquée pour la police nationale qui doit être partout dans les manifestations de ce vendredi. « Mais la situation est sous contrôle… », a-t-il rassuré.Des barricades de pneus enflammés ont été constatées de très tôt un peu partout à travers les rues de Port-au-Prince et des zones avoisinantes, rendant ainsi la circulation très compliquée. Toutes les activités sont au point mort dans la capitale. Les transports en commun et privé, le commerce formel et informel, les écoles… tout est paralysé un peu plus de 48 heures après l’adresse à la nation du président de la République appelant à une trêve et à la formation d’un gouvernement d’union nationale comme solution à la crise.