Le Nouvelliste
AVC : les interventions rapides sont salvatrices
Oct. 29, 2020, midnight
Neurologue et interniste, le professeur Louis Lemoine Lafleur a été invité ce jeudi à participer à une journée de sensibilisation à l’accident vasculaire cérébral, à l’occasion de la Journée internationale de l’AVC. Cette journée a été organisée à l’Université épiscopale d’Haïti par les étudiants de 4e année de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Devant un parterre d’étudiants en médecine, de journalistes et de quelques intéressés, le médecin a fait une intervention magistrale, a démystifié les idées conçues et a sensibilisé à ce problème de santé publique en Haïti. À l’hôpital universitaire de Mirebalais où il travaille, le médecin laisse entendre que depuis quelques années les cas d’admission pour AVC partent en vrille. « On n’a pas de statistique bien précise mais on constate que chaque mois, il y a une augmentation des cas. On enregistre plus d’une centaine de cas par année pendant que les autres hôpitaux du pays en enregistrent aussi », a-t-il indiqué. Ces chiffres n’ont pas pris en compte les cas de décès provoqués par l’AVC qui arrivent à l’hôpital. Les cas de décès dus à un mauvais diagnostic n’ont pas été pris non plus en compte. Parlant du diagnostic des AVC, de leur prise en charge, des traitements appliqués, le professeur d’université a fait savoir que la meilleure façon d’aider une personne victime d’un « stroke », c’est d’intervenir dans les plus brefs délais. Une intervention rapide peut être salvatrice. Elle peut aider la victime à mieux récupérer. L'AVC est une course contre la montre où chaque minute compte. « Tout se passe au niveau de la tête de la victime. Ce n’est pas au niveau de son corps, si on ne touche pas la personne, comment va-t-on pouvoir l’aider? » a-t-il ajouté, rappelant les signes avant-coureurs. Quelques minutes ou quelques jours ou mois, presque dans la moitié des cas, l’AVC aurait été précédé par un accident ischémique transitoire. « On pourrait avoir une céphalée, accompagnée de vertige, qui s’installe brutalement et en moins d’une heure la céphalée et le vertige disparaissent ; ou la personne pourrait avoir une défaillance brutale d'un organse pendant moins d’une heure». Dès qu’on a ces symptômes, la personne devrait se rendre à l’hôpital. Selon cette plainte, le médecin traitant peut décider d’hospitaliser cette personne et de mener une enquête étiologique pour déterminer ce qui a été à la base de cet accident transitoire afin de le traiter », a exhorté le médecin. Parlant des facteurs de risque, le neurologue assure que dans certains cas, les personnes prédisposées à subir un AVC peuvent modifier ces facteurs. Les infarctus et les AVC sont généralement dus à la présence de plusieurs facteurs de risque associés comme le tabagisme, une mauvaise alimentation et l’obésité, la sédentarité et l’utilisation nocive de l’alcool, l’hypertension, le diabète et l’hyperlipidémie. « Si l'on essaie de diminuer ou même d’éliminer le tabac, la consommation d’alcool, de perdre un peu de poids, de combattre la consommation de la mauvaise graisse, d’avoir une habitude hygiéno-diététique normale, un bon contrôle du diabète et de l’hypertension artérielle, cela pourrait prévenir l’AVC », a affirmé le Dr Louis Lemoine Lafleur. De toute la région des Caraïbes et des Amériques, Haïti présente le taux le plus élevé des accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’âge médian de ces accidents est de 52 ans, soit dix fois moins que les pays développés. Un accident vasculaire cérébral (AVC) résulte de l’interruption de la circulation sanguine dans le cerveau, en général quand un vaisseau sanguin éclate ou est bloqué par un caillot. L’apport en oxygène et en nutriments est stoppé, ce qui endommage les tissus cérébraux. Le symptôme le plus courant de l’AVC est une faiblesse subite ou une perte de la sensibilité de la face ou d’un membre, la plupart du temps d’un seul côté du corps. Les autres symptômes sont la confusion mentale, la difficulté à parler ou des troubles de la compréhension, la baisse de la vision unilatérale ou double, la difficulté à marcher, des vertiges, la perte de l’équilibre ou de la coordination, des céphalées sévères inhabituelles, l’évanouissement ou l’inconscience.