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Après Haïti-RD, le Grenadiers Fan Club saisit la FIFA et la Concacaf

Oct. 3, 2026, midnight

Le Grenadiers Fan Club a adressé une lettre ouverte à la FIFA, à la Concacaf, à la Fédération dominicaine de football et à l’opinion publique pour rejeter les demandes de sanctions visant Wilson Isidor et réclamer une enquête indépendante sur plusieurs incidents ayant entouré le match entre Haïti et la République dominicaine.Dans cette correspondance datée du 3 octobre 2026, l’organisation de supporters affirme vouloir replacer dans leur contexte les propos tenus par Wilson Isidor après la victoire 4-1 des Grenadiers au stade olympique Félix-Sánchez de Saint-Domingue.L’attaquant haïtien avait déclaré, dans une vidéo largement relayée après la rencontre : « L’Hispaniola, c’est Haïti ; ici, c’est Haïti. »Ces propos ont suscité de vives réactions en République dominicaine, où plusieurs responsables et médias les ont interprétés comme une déclaration à caractère territorial ou politique.Le Grenadiers Fan Club rejette cette lecture. Selon l’organisation, les paroles de l’attaquant doivent être comprises dans le contexte d’une célébration sportive et ne constituaient ni une contestation de la souveraineté dominicaine, ni une revendication territoriale.Dans sa lettre, le groupe affirme qu’il serait « malaisé ou excessif » d’assimiler automatiquement ces paroles à un discours politique, institutionnel, discriminatoire ou hostile.Il demande en conséquence aux instances sportives internationales de rejeter toute demande de sanction contre Wilson Isidor qui serait fondée, selon lui, sur une interprétation isolée ou décontextualisée de ses propos.Mais la lettre va plus loin.Le Grenadiers Fan Club réclame également à la FIFA et à la Concacaf l’ouverture d’une enquête indépendante, complète et transparente sur plusieurs incidents signalés avant, pendant et après la rencontre.L’organisation demande notamment que soient examinées des détonations ou tirs qui auraient été entendus à l’intérieur ou aux abords du stade avant le coup d’envoi, alors que les joueurs procédaient à leur échauffement.Elle souhaite également que les mesures de sécurité mises en place pour protéger les joueurs, les officiels, les médias et les spectateurs soient évaluées.La lettre évoque par ailleurs l’utilisation présumée de gaz lacrymogènes après le match et demande que soient établies les circonstances de leur emploi, leur éventuelle autorisation, leur nécessité et leurs conséquences sur le public, notamment sur les supporters haïtiens.Le Grenadiers Fan Club précise toutefois qu’il ne présente pas ces allégations comme des faits définitivement établis et demande précisément qu’une enquête indépendante permette de les vérifier.L’organisation réclame aussi que les instances sportives recueillent et préservent les enregistrements vidéo, les images de sécurité, les rapports des délégués du match, les rapports d’arbitrage, les éventuels rapports médicaux, ceux des forces de l’ordre ainsi que les témoignages disponibles.Dans sa correspondance, le groupe rappelle que la sécurité des équipes et des spectateurs relève de la responsabilité des organisateurs lors d’une rencontre internationale.Il demande que d’éventuels actes d’intimidation, de violence, de harcèlement, de discrimination ou de traitement dégradant visant des joueurs ou des supporters haïtiens soient également examinés.Le Grenadiers Fan Club souligne enfin le comportement de certains supporters haïtiens qui, après la rencontre, sont restés dans les tribunes pour ramasser les déchets laissés dans leur secteur.Pour l’organisation, les événements entourant cette rencontre ne doivent pas devenir un prétexte à une stigmatisation collective ou à une escalade entre les deux peuples.« La dignité d’Haïti ne se négocie pas. La sécurité des supporters haïtiens ne se relativise pas. La vérité doit être établie de manière impartiale », conclut la lettre.Le document est signé notamment par Hancy Senatus, président du Grenadiers Fan Club, Jean Raymond Milevoix, vice-président, et Harry Hyppolite, secrétaire général.