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Après l’alerte sur 92% de l’eau contaminée, le gouvernement toujours silencieux sur les mesures à prendre

April 24, 2026, midnight

Après des révélations alarmantes sur la qualité de l’eau consommée dans la région métropolitaine, les autorités tardent à communiquer publiquement sur les actions engagées, laissant persister de nombreuses interrogations. Depuis la publication, fin janvier 2026, des résultats d’une étude officielle du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), un constat s’impose avec gravité : la quasi-totalité de l’eau conditionnée consommée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince est impropre à la consommation. Plus de 92 % des échantillons analysés sont contaminés. Pire encore, selon les déclarations du ministre James Monazard, 100 % de l’eau vendue en bidons de cinq gallons, largement utilisée par les ménages, serait concernée. Trois mois plus tard, une autre réalité interpelle : l’absence de communication claire sur les mesures concrètes prises par les autorités. Lors de la restitution publique organisée le 30 janvier à l’hôtel Montana, les institutions concernées, notamment la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC), avaient annoncé des plans d’action à court et moyen terme. Toutefois, à ce jour, aucune liste officielle d’entreprises mises en cause n’a été rendue publique, aucune interdiction formelle n’a été annoncée et aucune campagne nationale d’information n’a été déployée pour sensibiliser les consommateurs. L’enjeu dépasse une simple question commerciale. Il touche au droit fondamental à l’eau potable, reconnu tant par les normes nationales que par les engagements internationaux d’Haïti. La consommation quotidienne d’une eau potentiellement contaminée soulève des préoccupations majeures en matière de santé publique.Ce manque de visibilité sur les actions entreprises intervient alors même que les autorités avaient reconnu le caractère critique de la situation. Des engagements avaient été évoqués, notamment le renforcement de la surveillance sanitaire, un meilleur encadrement du secteur des eaux conditionnées et une protection accrue des consommateurs. Sur le terrain, cependant, les habitudes semblent inchangées. Les sachets d’eau continuent d’être vendus dans les rues, les bonbonnes restent largement utilisées et les consommateurs, souvent faute d’alternative, poursuivent leur consommation malgré les inquiétudes. Dans ce contexte, plusieurs questions demeurent : quelles mesures concrètes ont été mises en œuvre depuis la publication de l’étude ? Quels mécanismes de contrôle sont actuellement en place ? Et quelles garanties peuvent être apportées à la population quant à la qualité de l’eau consommée au quotidien ?