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Une ONG internationale interpelle le gouvernement haïtien sur la liberté de la presse

March 6, 2026, midnight

Le Committee to Protect Journalists appelle les autorités haïtiennes à revenir sur un décret controversé sur la diffamation adopté fin 2025. Le Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation internationale spécialisée dans la défense de la liberté de la presse, a adressé le 2 mars 2026 une lettre officielle au Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé pour exprimer ses préoccupations concernant la situation des journalistes dans le pays. Dans cette correspondance, l’organisation basée à New York appelle les autorités haïtiennes à abroger un décret publié en décembre 2025 qui élargit les dispositions pénales relatives à la diffamation. Selon le CPJ, cette mesure pourrait accroître les risques juridiques pour les journalistes et compliquer le travail d’enquête sur les affaires d’intérêt public. Selon l’organisation, le texte aurait été adopté sans véritable consultation publique à la fin de la période de transition institutionnelle. Le CPJ estime que certaines dispositions du décret pourraient avoir pour effet de limiter la capacité des médias à interroger les institutions publiques ou à enquêter sur des dossiers sensibles, notamment ceux liés à la gouvernance et à la gestion des fonds publics. Dans sa lettre, l’organisation souligne également que les journalistes haïtiens exercent déjà leur métier dans un environnement particulièrement difficile. L’insécurité persistante, les menaces contre les professionnels de l’information et l’impunité entourant plusieurs attaques contre des journalistes ont contribué à fragiliser l’écosystème médiatique du pays ces dernières années.Le CPJ affirme que la modification des règles encadrant la diffamation pourrait accentuer ces défis en exposant davantage les reporters à des poursuites judiciaires ou à des sanctions financières. L’organisation estime que la révision de ce décret constituerait un signal important en faveur de la transparence et du respect des principes démocratiques. La lettre invite également le gouvernement haïtien à engager un dialogue avec les acteurs du secteur médiatique afin de garantir un cadre juridique compatible avec les standards internationaux en matière de liberté d’expression. Depuis plusieurs années, Haïti fait l’objet d’une attention particulière de la part d’organisations internationales de défense de la presse, en raison des conditions de travail souvent précaires dans lesquelles évoluent les journalistes. Plusieurs rapports ont souligné les risques liés à la couverture de sujets sensibles dans un contexte marqué par l’insécurité et les tensions politiques. Dans ce contexte, la prise de position du Committee to Protect Journalists intervient alors que les autorités haïtiennes tentent de stabiliser les institutions et de restaurer la confiance dans les mécanismes démocratiques du pays. Le gouvernement n’avait pas encore officiellement réagi au contenu de cette lettre au moment de la publication de cet article. À lire aussi: