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Crise humanitaire en Haïti : l’urgence grandit entre faim, violences et déplacements

Jan. 23, 2026, midnight

Plus de la moitié de la population vit dans l’insécurité alimentaire, tandis que l’accès à l’aide est entravé par les gangs et le sous-financement.La crise humanitaire en Haïti s’aggrave de façon spectaculaire, avec 5,7 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit plus de la moitié de la population, selon un rapport du Programme Alimentaire mondial. Selon ce rapport, près de 2 millions vivent dans des conditions d’urgence alimentaire extrême, exposant des familles à des risques de malnutrition et de mortalité accrus.Les conséquences de la violence armée, de l’effondrement économique et de catastrophes climatiques successives se conjuguent pour pousser le pays vers un point de rupture. Les groupes armés contrôlent désormais près de 90 % de Port-au-Prince, coupant l’accès aux marchés, pertur­bant la production agricole et entravant la livraison de l’aide.Cette situation de plus en plus critique a entraîné le déplacement interne de plus d’1,3 million de personnes, souvent contraintes de s’entasser dans des écoles et bâtiments publics sans eau potable, nourriture suffisante ni soins de santé adéquats.Les enfants sont parmi les plus durement touchés par cette crise. Plus d’un million d’enfants font face à des niveaux d’insécurité alimentaire d’urgence, et environ 2,85 millions d’enfants sont exposés à une faim persistante, selon l’UNICEF. L’accès à des soins nutritionnels reste insuffisant face à des besoins croissants.Face à cette urgence, plusieurs organisations humanitaires intensifient leurs actions sur le terrain. Le Programme Alimentaire Mondial () a réussi à atteindre plus de 2 millions de personnes en 2025 avec des distributions alimentaires et des transferts monétaires, malgré des contraintes sécuritaires sévères. L’agence appelle à un financement accru pour éviter une détérioration encore plus rapide de la situation alimentaire dans les mois à venir.L’UNICEF, de son côté, développe des programmes de prise en charge de la malnutrition aiguë et de soutien aux enfants et familles déplacés, tout en alertant sur le manque de ressources et l’impossibilité d’atteindre toutes les zones vulnérables sans davantage de fonds.Au-delà de l’alimentation, les problèmes liés à la santé, à l’accès à l’eau potable et à l’éducation restent cruciaux. La violence et le contrôle territorial des gangs continuent de limiter l’accès des humanitaires aux populations les plus isolées, rendant nécessaire une approche coordonnée internationalement pour protéger les civils et renforcer la résilience des communautés.A lire aussi :