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Le Nouvelliste

Énergie : Ce n’est pas l’argent qui résoudra les problèmes mais la gouvernance, prévient Kesner Pharel

Oct. 6, 2020, midnight

Pour la première fois dans l’histoire du pays, le gouvernement haïtien a annoncé dans le décret du budget qu’il va emprunter 16,3 milliards de gourdes auprès du secteur bancaire haïtien pour financer l’acquisition de centrales électriques. C’est une bonne intention  d'emprunter de l’argent pour fournir plus d’électricité, s'est réjoui l’économiste Kesner Pharel mardi sur Magik 9. Sur le plan politique, le PDG du Group Croissance pense que ce sera une très bonne chose pour le président de la République s’il arrive à concrétiser cette promesse de campagne. Mais l’économiste est allé au-delà des dividendes politiques qui ne seront profitables qu’au président Jovenel Moïse. Existe-t-il une politique énergétique ? Y avait-il une révision de toute la chaine de valeurs dans ce secteur ? Les compagnies vont-elles pouvoir enfin gagner plus d’argent ?, s’interroge  Kesner Pharel qui rappelle les problèmes récurrents dans ce secteur qui représente une veine ouverte pour l’État haïtien.  Les subventions allouées chaque année à ce secteur non rentable sont estimées à plusieurs centaines de millions de dollars.   « A-t-on déjà résolu les problèmes structurels dans ce secteur?», se demande Kesner Pharel avant de souligner que le secteur de l’énergie est un secteur très préoccupant. Il prévoit que la facture pourrait être salée pour la prochaine administration s’il y avait mauvaise gestion et qu'on n'en profite pas pour remettre l’ED'H sur ses deux jambes. « Ce n’est pas l’argent qui résoudra les problèmes mais la gouvernance », a soutenu Kesner Pharel en guise de mise en garde à l’endroit des autorités. Augmenter notre capacité à produire l’énergie électrique peut être synonyme d’augmentation de nos problèmes et de notre déficit budgétaire, prévient l’économiste qui a fait remarquer que suivant ce qui est écrit dans la lettre de cadrage du budget 2020-2021, les 34 milliards de financement prévus dans le budget iront dans le secteur de l’énergie. L’économiste regrette qu’il n’existe pas un Parlement qui aurait pu engager un sérieux débat sur cette question.