Le Nouvelliste
Joseph Jouthe : aucune connivence avec les gangs
Oct. 19, 2020, midnight
Si Jimmy Chérizier, alias Barbecue, chef du regroupement de gangs dénommé G-9 an fanmi ak alye, cible, critique des figures de l’opposition et a été jusqu’à menacer de sévir contre des manifestants antigouvernementaux le 17 octobre, il n’est cependant pas un supporteur du pouvoir, a soutenu le Premier ministre Joseph Jouthe. Pour ce dernier, ceux qui disent le contraire naviguent le monde de l’imaginaire. « Désolé, c’est le produit de l’imagination de beaucoup de gens », a débouté le chef du gouvernement qui, au passage, se fend d’une énième affirmation, comme pour installer un vide sidéral entre les chefs de l’exécutif et le puissant chef de gang. « Je dis que je ne suis pas de connivence avec les gangs. Le président Jovenel Moïse n’est pas de connivence avec les gangs », a soutenu le Premier ministre Jouthe, chef du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN). « Nous n’avons pas besoin de la protection des bandits », a répondu le Premier ministre Jouthe, interrogé sur la présence d’hommes armés à Pont-Rouge affirmant être là pour protéger des officiels du pouvoir. Le Premier ministre Jouthe a par ailleurs imputé la prolifération des gangs qui imposent leurs quatre volontés dans certaines communautés à « une absence de l’Etat ». Le chef du gouvernement a promis d’agir. « Lawouze taye banda l tout tan solèy pa leve », a indiqué Joseph Jouthe. Il y a plusieurs mois, les Nations unies avaient appelé à l’arrestation de M. Chérizier. « Nous encourageons une fois de plus les autorités haïtiennes à poursuivre les auteurs présumés de crimes, d'abus ou de violations des droits de l’homme et d’exécuter les actes judiciaires émis, y compris le mandat d’amener émis à l’encontre de plusieurs chefs de gangs, notamment Jimmy Chérizier, alias Barbecue, visé par un mandat émis en février 2019 pour son implication présumée dans les attaques de Grand-Ravine, en novembre 2017. Il serait également impliqué dans d'autres incidents meurtriers, dont celui de La Saline en novembre 2018 et de Bel-Air en novembre 2019 et plus récemment dans les incidents de Pont-Rouge et Cité-Soleil », avait fait savoir le communiqué du BINUH en août dernier.