Le Nouvelliste
Mobilisation dans la Grand'Anse contre les violences basées sur le genre
Sept. 30, 2020, midnight
Perspectives pour la santé et le développement (PESADEV), Institut PANOS et le Groupe d’appui au développement et à la démocratie (GRADE) - basé à Jérémie - ont lancé conjointement, le 24 septembre 2020, le projet "Mobilisation communautaire pour la prévention des violences faites aux femmes et filles dans la Grand'Anse “, avec le support financier de ONU Femmes, dans le cadre de l’Initiative Spotlight. Marfranc, Moron, Chambellan, Anse-d’Hainault, Les Irois, Roseaux, Beaumont et Corail sont les huit communes du département de la Grand'Anse concernées par le projet qui a été lancé à la Bibliothèque Carl Edouard Peters, à Jérémie, le jeudi 24 septembre, à l’occasion d’un atelier d’échange d’informations sur la thématique de la violence basée sur le genre (VBG), qui a réuni plus d’une vingtaine de journalistes. Les responsables du consortium (Carl François, Jean-Claude Louis et Yvon Janvier) ont expliqué le bien-fondé de la mobilisation qui s’étend sur une période de dix mois (…), et précisé les objectifs à atteindre à travers diverses activités qu’ils auront à organiser dans les communes ciblées avec la participation des leaders communautaires, des enseignants, des professionnels du droit, des autorités locales, des travailleurs de la presse et des jeunes. Plaidoyer auprès des médias et leaders communautaires D’entrée de jeu, madame Kettlyne Janvier, une spécialiste en genre, a permis aux travailleurs de la presse de se faire une idée plus exhaustive de la notion de genre et d’avoir une meilleure compréhension du concept ‘’violence basée sur le genre (VBG)’’ et ‘‘masculinité positive’’. De son côté, Gérald Guillaume, coordonnateur de l’IDETTE, une organisation de défense des droits humains, a présenté la situation de la Grand'Anse, chiffres à l’appui, pour démontrer que les cas de violence faite aux femmes et aux filles sont en hausse dans cette région. Ces trois dernières années (2017-2020), rapporte-t-il, plus d’une trentaine de cas de viol sur mineures ont été recensés, et du nombre, deux enfants en bas âge. Des révélations qui allaient susciter de vifs débats dans la salle pour dénoncer ces pratiques criminelles et interpeller les autorités locales, les organisations de la société civile et la population autour de cette problématique. «Cette rencontre m’a permis d’avoir une idée plus exhaustive de l’ampleur de la situation dans la Grand'Anse», a déclaré l’un des participants, qui estime important que tout un chacun s’implique dans les efforts visant à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Un autre intervenant pense qu’il est tout aussi important pour que les journalistes enquêtent sur tous les cas de viol et de violence qui se répètent dans leur communauté. Justement, pour encourager la production d’articles/reportages et émissions radiophoniques, le consultant Cossy Roosevelt a fait une mise à jour des notions clés en matière d’écriture et d’enquête journalistiques. Et en termes de suivi, Panos développera un partenariat avec les journalistes-participants pour la diffusion d’informations liées à la lutte contre la VBG. La journée du vendredi 26 septembre était cruciale pour le consortium (PESADEV, PANOS et GRADE) puisque c’était autour des leaders communautaires et des patrons de médias d’intervenir dans le débat après avoir pris connaissance des données relatives aux violences basées sur le genre affectant le département de la Grand'Anse. Il était également question de leur proposer des outils juridiques et des moyens de lutte pour parvenir à enrayer le phénomène en question. À l’instar des autres participants, ils ont réagi aux informations concernant les cas de viol qu’auraient commis des pasteurs, des juges et des policiers. Tous ont reconnu la nécessité d'arriver à une synergie afin de protéger les femmes et les filles contre toutes sortes de violences sexuelles.