Le Nouvelliste
Ébola : le MSPP dément et rassure
Oct. 18, 2019, midnight
« Non, il n’y a pas de cas d’ébola en Haïti », a rassuré le directeur général du MSPP, joint par le journal jeudi 17 octobre, pour couper court aux rumeurs. Le Dr Lauré Adrien a toutefois affirmé que le MSPP a été alerté concernant trois passagers provenant de pays de l’Afrique où sévit l’épidémie, notamment en République démocratique du Congo (RDC). La dernière alerte a été lancée le jeudi 17 octobre. « Ce 17 octobre 2019, une troisième personne indexée venant d’un pays voisin du pays de l’épidémie a été reçue à l’aéroport selon les recommandations du Règlement sanitaire international (RSI). Après interrogatoire et observation, l’équipe a conclu là aussi que cette personne n’est pas un cas suspect, encore moins un cas confirmé de maladie à virus ébola », a indiqué le MSPP, infirmant les deux premiers cas. Le 11 octobre 2019, la Direction d’épidémiologie, des laboratoires et de la recherche a reçu une alerte du service de la quarantaine de l’aéroport selon laquelle deux passagers en provenance des zones à risque de maladie à virus ébola seraient en route pour Haïti par l’intermédiaire de deux atterrissages : l’un à midi et l’autre à 6 h p.m. Une équipe composée de cadres de la DELR et de l’OPS/OMS s’est rendue à l’aéroport Toussaint Louverture afin d’obtenir de plus amples informations et mettre en place une surveillance appropriée", a avancé un rapport élaboré par les responsables du MSPP et de partenaires. Pour faire face à cette situation, "l’équipe (du MSPP : ndlr) a rencontré le Dr Stinphil Jean Évens, médecin vétérinaire de la Quarantaine pour le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), Ernst Renaud, le directeur des opérations de l’AAN, Elsy Viala, la directrice de Jetblue, M. Adéclat Gracia, inspecteur du service de l’immigration et l’agent douanier au poste, le jour de l'arrivée de la passagère. Selon le rapport, il s'agit de deux femmes, dont une qui est arrivée de Kinshasa, après avoir transité par le Maroc, et une autre, infirmière de profession, dont l'entrée sur le territoire a été interdite par l'aéroport d'ITL pour ses antécédents d'infirmière ayant travaillé depuis le premier avril 2019 à Kinshasa. « La première passagère indexée a été localisée, interrogée et examinée. Elle ne présente aucun signe ni symptôme en relation avec ébola et ne représente aucun risque épidémiologique ni pour elle ni pour le pays. Le deuxième passager indexé pour le seul fait qu’il venait d’un pays limitrophe du pays où l’épidémie s'est déclarée n’avait pas finalement embarqué à destination d’Haïti », ont précisé les autorités sanitaires. Face à cette situation, la direction de l'épidémiologie recommande de revitaliser la surveillance dans les points d’entrée; rencontrer le directeur des opérations de l’aéroport ; faire un plaidoyer pour un changement/ajout au niveau du formulaire de l’immigration ; solliciter un espace pour la quarantaine à l’aéroport si possible ; faire un plaidoyer auprès des instances concernées pour établir/renforcer le canal de communication : national et international concernant les alertes ; identifier un espace hospitalier pour la prise en charge des cas d’alerte identifiés ; former les cadres des parties prenantes ; réviser les modules de formation ; renforcer l’intersectorialité; finaliser le document de protocole de la surveillance dans les points d’entrée. Dans un communiqué en date du 18 octobre 2019, le MSPP demande à la population de garder son calme par rapport aux rumeurs et à ceux qui les font circuler sur les réseaux sociaux de bien les vérifier et de réfléchir aux conséquences de leurs publications. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette maladie « urgence sanitaire mondiale », « urgence de santé publique de portée internationale » et à cette date, aucun cas de fièvre hémorragique à virus ébola n’a été repéré et notifié en Haïti. Edrid St Juste et Claudy Jr. Pierre