Le Nouvelliste
Formation du CEP : l’opposition dénonce les initiatives de l’exécutif
Aug. 5, 2020, midnight
Plus de 80 partis, organisations et personnalités politiques montent au créneau pour dénoncer l’initiative de l’exécutif visant à remplacer les anciens membres du CEP. Dans une note de presse conjointe, les signataires révèlent qu’ils ont « décidé de bloquer les manœuvres de l’exécutif qui conduiront le pays dans une crise sans précédent ». Ils disent avoir remarqué que le président Jovenel Moïse, depuis la démission de tous les membres du Conseil électoral provisoire, s’entête à instituer un CEP bidon dans l’objectif d’organiser des élections en sa faveur. Plus loin, les regroupements et organisations politiques signataires de la note soulignent à l'attention du président Moïse que « ses manœuvres sont une violation de la Constitution ». Ils ont avancé plusieurs points pour expliquer que la démarche du président ne fonctionnera pas. « Tous les acteurs et secteurs vitaux de la société, ainsi que les signataires de cette note ont divorcé d'avec les pratiques antidémocratiques et la compromission qui caractérisent le pouvoir PHTK. Les élections que ce régime veut organiser est en fait une diversion dont l’objectif est de détourner l’attention de la population sur le mandat présidentiel qui prendra fin constitutionnellement le 7 février 2021. La tentative pour monter un autre CEP est un danger pour la démocratie et une honte pour le pays », écrivent les signataires. Selon lesdits signataires, ce sont des personnes dépourvues de toute crédibilité et incompétentes qui s’apprêtent à former un CEP bidon pour mener une opération frauduleuse et contraire aux aspirations du peuple haïtien. « Ces pratiques vont provoquer un coup d’État électoral et une crise politique qui va enfoncer davantage le pays dans la misère, l’insécurité, le black-out, le chômage, etc. Les organisations politiques, les personnalités et les organisations de la société civile, signataires de cette note, demandent à tous les secteurs de se concerter et de se mobiliser pour contrecarrer tout coup d’État électoral et toute prolongation illégale de mandat », concluent-ils. Cette prise de position de l’opposition survient alors que le président de la République cherche à reconstituer l’institution électorale, une semaine après la démission en bloc des membres du CEP que dirigeait Léopold Berlanger. Le directeur du cabinet du président de la République, Nahomme Dorvil, a déjà envoyé en ce sens des correspondances à des responsables de plusieurs secteurs de la société leur demandant de désigner un représentant au nouveau Conseil électoral provisoire dans un délai de 72 heures. Parmi les secteurs déjà contactés figurent des organisations syndicales, la Conférence des recteurs et le secteur vaudou. Lundi, le secteur patronal, la Conférence épiscopale, traditionnellement sollicités pour désigner des représentants dans le CEP, ont indiqué au journal qu’ils n’ont pas encore été contactés.