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Le Nouvelliste

« Nous sommes assaillis… », le S.O.S. du général Jodel Lesage

Feb. 27, 2020, midnight

Insatisfaits des mesures annoncées samedi par le président de la République, les policiers protestataires, appuyés par des membres de la population, ont semé encore une fois la panique à Port-au-Prince et dans des zones avoisinantes dimanche dernier. Ils ont attaqué au Champ de Mars le quartier général de l’armée à l’intérieur duquel un stand a été construit pour le carnaval. « Nous sommes assaillis. Nous sommes sous le feu d’armes de toutes sortes, de fusils automatiques, de cocktails Molotov, de gaz lacrymogène », a confié au Nouvelliste le général des Forces armées, Jodel Lesage, à 15h20 le dimanche 23 février joint par téléphone. Le général, qui est à la tête d’une armée forte d’environ 400 soldats éparpillés dans deux bases à travers le pays, a fait savoir qu’ils étaient en train de défendre leur quartier général avec les moyens du bord. Selon un bilan provisoire, deux civils et quatre policiers reçoivent des soins dans des hôpitaux de la région métropolitaine à la suite de cette attaque sur le QG de l’armée. « Parce que nous sommes attaqués, il  y a eu des ripostes », a fait savoir le général, qui n’a pas voulu confirmer s’il y a eu policier blessé au cours des échanges de tirs. En guise de demande de renfort, le général Jodel Lesage a indiqué au journal que les autorités civiles ont été informées de la situation à toutes fins utiles. Le général  Lesage n’était pas en mesure de préciser le nombre de soldats qui se trouvent alors au quartier général de l’armée situé au Champ de Mars à quelques mètres du palais national. Dans une note de presse, l’Unité de communication du ministère de la Défense et le secrétariat du haut commandement des Forces Armées d’Haïti portent à la connaissance du public en général et de la presse en particulier « qu’au cours de l’attaque du Grand Quartier Général par des individus encagoulés munis d’armes à feu, deux victimes sont à déplorer dans les rangs de l’armée.  Un soldat est décédé suite à ses blessures, un autre blessé est dans un état stable et  reçoit les soins que son cas requiert. » « Malgré les assauts répétés des assaillants les autorités militaires maintiennent une posture défensive pour éviter un bain de sang. Le Haut commandement des Forces Armées fait appel, une fois de plus, à la Police Nationale d’Haïti pour ramener le calme », conclut la note de presse. Plus d'une fois au cours du mois de février des policiers ont gagné les rues, bloqué des routes, incendiés des véhicules… pour exiger de meilleurs traitements, leur droit de se syndiquer et la réintégration de cinq policiers révoqués dans le cadre des mouvements de protestation. Les mesures annoncées samedi par le président de la République pour faire baisser les tensions au sein de la police nationale n’ont visiblement pas suffi. Jovenel Moïse a promis aux policiers de faire passer leur carte de débit de 5 000 à 10 000 gourdes à partir du 1er mars, la création d’un fonds de secours pour les policiers décédés dans l’exercice de leurs fonctions la création d’un fonds pour une couverture d’assurance, entre autres. Le chef de l'État avait souligné aussi l’arrivée le vendredi 21 février au pays de quinze véhicules blindés. Ces véhicules ont été constatés le dimanche 23 février dans les rues à Port-au-Prince. Il faut souligner que les policiers protestataires bénéficient du soutien de membres de la population qui en ont profité pour exiger le départ de Jovenel Moïse.