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Le Nouvelliste

Des éléments du dossier de Me Monferrier Dorval ont été emportés par des inconnus, selon Me Robinson Pierre-Louis

Oct. 21, 2020, midnight

Des éléments faisant partie du corps du délit dans le cadre du dossier de l’ancien bâtonnier Monferrier Dorval, assassiné le 28 août dernier, ont été emportés au tribunal de première instance de Port-au-Prince. Le secrétaire général du conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince le confirme à la suite du constat fait après que des individus non identifiés se sont introduits au greffe du tribunal. Robinson Pierre-Louis, qui a été sur place, ajoute cependant qu’aucune trace d’effraction n’a été constatée. « Ce qui est étonnant, c’est qu’il n’y a aucune trace de cambriolage au greffe du tribunal. Les portes n’ont pas été forcées», s'étonne Robinson Pierre-Louis. Seul le classeur contenant les documents a été un peu forcé, a-t-il dit. Il y a avait un petit sac à l’intérieur duquel se trouvaient des billets, des clés, des livrets de banque, selon ce que le greffier a fait savoir à Robinson Pierre-Louis. « On a pris ce petit sac », confie le secrétaire général du conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince. Le téléphone de l’ancien bâtonnier, qui constitue la pièce maitresse dans l’enquête, n’a pas été emporté. « Le greffier avait déplacé le téléphone de Me Dorval qui était également à l’intérieur du petit sac », précise Robinson Pierre-Louis, soulignant que d’autres éléments jugés importants pour l’avancement de l’enquête ont également été déposés dans un autre endroit par le greffier. Le secrétaire du conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince pense que si le téléphone avait été emporté, cela aurait été un sérieux frein à l’enquête. Des éléments comme les armes à feu faisant partie du corps du délit ainsi que d’autres dossiers auraient été emportés, selon Robinson Pierre-Louis qui reprend les témoignages du greffier en chef.   Robinson Pierre-Louis en profite pour critiquer les conditions dans lesquelles les pièces à conviction sont rangées. « Le tribunal est délaissé. C'est quasiment une savane. N’importe qui peut y entrer à n’importe quel moment. Il n’y a pas de caméra de surveillance, encore moins de classeur métallique anti-feu», se désole l’homme de loi.    Ce n’est pas la première fois que ces incidents surviennent au greffe. « Ce ne sont pas des gens ordinaires qui commettent ces actions. Ce sont des gens qui connaissent l’espace et qui profitent de l’absence de mesures de sécurité », selon Robinson Pierre Louis. Le secrétaire du conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince promet que des dispositions ont été prises en vue de conserver le téléphone de l’ancien bâtonnier dans un autre espace plus sécurisé. L’homme de loi a critiqué l’exécutif haïtien qui n’a jamais répondu aux demandes de la Conférence internationale des barreaux (CIB) sur la formation  d’une commission d’enquête internationale devant travailler à faire la lumière autour de l’assassinat de l’ancien bâtonnier de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval.