Le Nouvelliste
Aucun cas d'ébola confirmé en Haïti, la direction d'épidémiologie reste sur ses gardes
Oct. 17, 2019, midnight
"Le 11 octobre 2019, la Direction d’épidémiologie, des laboratoires et de la recherche a reçu une alerte du service de la quarantaine de l’aéroport selon laquelle deux passagers en provenance des zone à risque de maladie à virus ébola seraient en route pour Haïti par l’intermédiaire de deux atterrissages : l’un à midi et l’autre à 6 h p.m. Une équipe composée de cadres de la DELR et de l’OPS/OMS s’est rendue à l’aéroport Toussaint Louverture afin d’obtenir de plus amples informations et mettre en place une surveillance appropriée", avance ce rapport élaboré par les responsables du MSPP. Pour faire face à cette situation, "l’équipe (du MSPP : NDLR) a rencontré le Dr Jean Evens Stinphil, médecin vétérinaire de la Quarantaine pour le MARNDR, M. Ernst Renaud, le directeur des opérations de l’AAN, Mme Elsy Viala, la directrice de Jetblue, M. Gracia Adeclat, inspecteur du service de l’immigration, et l’agent douanier au poste, le jour du passage de l'intéressée. De ces différentes rencontres, des informations importantes furent recueillies. Toujours selon le rapport de la direction d'épidémiologie, il s'agit de deux femmes, dont une qui est arrivée de Kinshasa, après avoir transité par le Maroc. Et une autre, infirmière de profession, dont l'entrée sur le territoire lui a été interdite à l'aéroport Toussaint Louverture pour ses antécédents d'infirmière ayant travaillé depuis le premier avril 2019 à Kinshasa. Les notifications proviendraient du Joint Rescue Coordination Centre (JRCC) à l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) d’Haïti. Après une recherche active approfondie, elles ont été retrouvées puis analysées en fonction des symptômes de la maladie et de leurs éventuels rapports avec des personnes atteintes de la maladie à virus ébola. Puis le MSPP, à travers sa direction d'épidémiologie et ses partenaires, a pris des rendez-vous avec les concernées pour des suivis et des investigations plus poussées. Après investigations sur cette infirmière ayant travaillé pour une organisation non gouvernementale dans un programme HIV à Kinshasa, les autorités sanitaires rapportent avoir pris des dispositions. Actions entreprises: Disponibilité d’un thermomètre chez elle afin de prendre sa température régulièrement et une infirmière lui rendra des visites quotidiennes. Des conseils sur les principes d’hygiène, notamment le lavage des mains fréquemment avec de l’eau et du savon lui ont été prodigués. Elle devra utiliser un désinfectant pour les mains à base d’alcool lorsqu’elle n’aura pas accès à l’eau et au savon. La demande a été faite à cette femme de rapporter tout symptôme qui pourrait suggérer le début de la maladie, jusqu’à son départ vers Kinshasa. Face à cette situation, la direction de l'épidémiologie, des laboratoires et de la recherche recommande de revitaliser la surveillance dans les points d’entrée ; rencontrer le directeur des opérations de l’aéroport ; faire un plaidoyer pour un changement/ajout au niveau du formulaire de l’immigration ; solliciter un espace pour la quarantaine à l’aéroport si possible ; faire un plaidoyer auprès des instances concernées pour établir/renforcer le canal de communication national et international concernant les alertes ; identifier un espace hospitalier pour la prise en charge des cas d’alerte identifiés ; former les cadres des parties prenantes ; réviser les modules de formation ; renforcer l’intersectorialité ; finaliser le document de protocole de la surveillance dans les points d’entrée.