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Le Nouvelliste

Covid-19 et élections : Jovenel Moïse joue sur deux tableaux…

May 25, 2020, midnight

Le président de la République ne se concentre pas uniquement sur la lutte contre la propagation de la Covid-19 dans le pays. Parallèlement au coronavirus, Jovenel Moïse a instruit son ministre des Affaires étrangères d’aller convaincre les partenaires internationaux sur la nécessité d’appuyer techniquement et financièrement l’organisation des élections municipales, législatives et présidentielle en Haïti. Cependant, l’opposition politique n’entend pas laisser à Jovenel Moïse la possibilité d’organiser ces compétitions électorales. Lors d'une intervention la semaine dernière au Conseil permanent de l’OEA, le ministre des Affaires étrangères affirme avoir exprimé la volonté du président de la République de laisser le pouvoir le 7 février 2022 et de se faire remplacer par un président élu. « Le chef de l’Etat veut aller dans la régularité constitutionnelle… », a rapporté au Nouvelliste Claude Joseph. Pour le ministre, le président Jovenel Moïse s’inscrit dans la logique du renouvellement du personnel politique. « Et cela doit se faire de façon constitutionnelle et légale. J’ai présenté la situation à l’OEA avant de solliciter le support technique de l’Organisation des Etats américains pour l’organisation des élections honnêtes, crédibles et démocratiques. Il s’agit d’une demande formelle à l’OEA », a indiqué le chancelier. Claude Joseph a annoncé qu’il y aura aussi une rencontre avec la cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Le ministre a confié que lui et son homologue du Canada auront une intervention à l’ONU au cours de laquelle la question des élections en Haïti sera aussi abordée. Le ministre des Affaires étrangères a fait savoir au journal qu’il y aura plusieurs rencontres avec les partenaires internationaux sur l’organisation des élections dans le pays. Dans son adresse à la nation le 18 mai dernier, Jovenel Moïse avait dit mettre le cap sur les prochaines élections. A ses détracteurs, le président demandait d’aller aux élections pour prendre le pouvoir. M. Moïse avait fait savoir que son cabinet a déjà écrit depuis plusieurs semaines au Conseil électoral provisoire en ce sens. Le chef de l’État n’a pas fourni de précisions sur la nature de la correspondance ni s’il s’agissait de demander au CEP de lancer les préparatifs pour l’organisation des élections législatives, municipales et présidentielle. « Aprè 3 zan, 3 mwa, 11 jou, mwen aprann, mwen konprann, mwen grandi… », avait-il dit dans son discours. Dans la correspondance du Paais national au CEP, Jovenel Moïse a demandé au Conseil électoral provisoire de transformer le projet de loi électorale envoyé au Parlement en projet de décret électoral. « Nous venons tout juste ce lundi d’avoir une réunion de conseil sur cette correspondance. Avec nos techniciens nous étudions comment aborder la demande du chef de l’Etat. Mais je pense qu’au milieu du mois de juin, le CEP va envoyer au président le projet du décret électoral », a confié au journal un membre du CEP sous couvert de l’anonymat. Parallèlement, l’opposition politique n’entend pas aller aux élections avec Jovenel Moïse à la tête du pays. Pour les opposants au chef de l’Etat, son mandat prendra fin le 7 février 2021 et il devra laisser le pays pour une transition qui organisera les prochaines élections à tous les niveaux.