Le Nouvelliste
Plusieurs centres hospitaliers en grève en dépit de la menace du coronavirus
March 12, 2020, midnight
Alors que les craintes relatives à l’introduction du coronavirus dans le pays ne cessent d’accroître des travailleurs de santé de plusieurs centres hospitaliers publics dont Eliazard Germain, l’hôpital universitaire La Paix et l’hôpital de la maternité Isaïe Jeanty sont actuellement en grève. Ces derniers protestent contre l’inapplication du protocole d’accord signé le 23 février 2017 avec une commission présidentielle. Ce protocole d’accord prévoit, entre autres, l’augmentation du salaire du personnel de soutien des hôpitaux publics. Loin d’eux l’idée de profiter du contexte pour forcer la main aux autorités. « Cela fait quatre mois que nous avons annoncé cette grève, bien avant l’apparition du coronavirus », précise Lévy Milot Félix, président de la Fédération nationale des travailleurs de la santé. Les travailleurs de santé protestent également contre le transfert de Patrick Destiné, président du syndicat des employés de l’hôpital universitaire La Paix. Celui-ci aurait été transféré en raison de ses dénonciations contre la gabegie administrative à l’hôpital, notamment le vol de vingt-cinq incubateurs, communément appelés couveuses pour les nouveau-nés et de plusieurs congélateurs à l’hôpital. Si les deux principales revendications des employés des hôpitaux publics, à savoir l’ajustement du salaire du personnel de soutien des hôpitaux publics qui devra passer de onze mille à trente mille gourdes et le rappel de la décision concernant le transfert du président du Syndicat de l’hôpital de la Paix, sont satisfaites aujourd’hui, la grève sera levée demain matin, a promis Lévy Milot Félix. Il exige que le nouveau salaire soit effectif à partir du mois d’avril. Les autorités pourront à moyen et à long terme satisfaire les revendications relatives à l’assurance qui ne doit plus être gérée par l’OFATMA, la carte de débit et la régularisation de la situation des « travailleurs à gages ». Lévy Milot Félix a au passage critiqué les autorités sanitaires qui décident de garder secrets les endroits où sont logés les deux cents lits disponibles pour prendre en charge les éventuels malades de coronavirus. La ministre avait évoqué des raisons de sécurité. « Les informations concernant les endroits où les malades peuvent être pris en charge devraient être publiques » d’après lui. Les raisons de sécurité avancées par la ministre ne tiennent pas la route. « L’État ne peut pas garantir la sécurité des malades ! Qu’ils ne viennent pas nous dire ces choses-là », rétorque le président de la FENATRAS. Des résidents de Tabarre se sont pris à des représentants du ministère de la Santé publique qui allaient placer en quarantaine seize personnes qui revenaient de la République dominicaine à bord d’un bus dans lequel un passager présentant des symptômes du coronavirus était décédé.