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Le Nouvelliste

Insécurité/Ganthier: les bandits paralysent le transport terrestre entre Haïti et la République dominicaine

Oct. 23, 2019, midnight

« Pour commencer, ils nous ont dépouillés de nos biens. Après, ils nous ont exigé de leur faire une fellation puis nous ont pénétrées ». Le drame de la vie de Naomie*a eu lieu un mardi de septembre 2019 à « Papay », une localité de la commune de Ganthier, département de l’Ouest. Elle revenait du point frontalier Malpasse/Fond-Parisien quand le mini camion qui la transportait  avec six autres marchandes a été intercepté par les assaillants du gang « Lanmò san jou ». Armés jusqu’aux dents, les membres du gang ont intimé l’ordre au chauffeur d'entrer dans une plantation pour commettre leur forfait. «Ils ont emporté nos marchandises, et ont choisi quelques-unes parmi nous pour nous violer. Ils étaient sans pitié », raconte Naomie au cours d’un entretien téléphonique avec le journal. Même si elle se sent humiliée, elle remercie le ciel d'être encore en vie. Depuis près d’un an, les membres du gang « Lanmò san jou » contrôlent la route nationale no 8. Vol. viol. Assassinat… Telles sont leurs spécialités. Profitant de l’impuissance de la Police nationale d’Haïti (PNH), ils ont pris l'habitude ces derniers mois de parader en plein jour sur la route nationale en rançonnant les usagers. « La situation devient intolérable », a reconnu le sénateur Jean Renel Sénatus sur une station de radio au début du mois d’octobre. Le président de la commission Justice et Sécurité au Sénat, voulant tirer la sonnette d’alarme, a indiqué que même les policiers affectés à un sous-commissariat à Papay ont pris la poudre d'escampette. « Cette situation est due à la négligence des autorités », a-t-il tempêté, exigeant aux autorités compétentes de prendre leurs responsabilités. Alors que les bandits ne cessent de semer le deuil et terroriser la population, les multiples cris des usagers de la route nationale no 8 retentissent dans le vide. Ils sont livrés à eux seuls aux mains de ces bandits qui tuent, volent et violent. Vu la situation et par mesure de précaution, les compagnies de transport transfrontalier de passagers entre Haïti et la République dominicaine passant par la route nationale no 8 ont suspendu leurs activités depuis environ deux mois. « Nous ne voulons pas mettre en péril la vie des clients ainsi que leurs biens »,  explique un responsable d'une de ces compagnies, au cours d’une interview téléphonique au journal ce mercredi 23 octobre. Se gardant de révéler son identité parce qu’il reçoit, précise-t-il,  des menaces, notre interlocuteur affirme que les bus de sa compagnie n’ont toutefois pas été attaqués par les bandits. Mais il confirme que des ravisseurs ont investi la route. Après environ deux mois, il annonce qu'ils vont tenter d’organiser un voyage sous peu. Tout comme cette compagnie, plusieurs autres ont également suspendu leurs activités. * Naomie est un prénom d'emprunt.