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Le Nouvelliste

Le gouvernement se défend contre Amnesty International 

Nov. 12, 2019, midnight

Les faits, illustrés avec des vidéos, avancés dans la déclaration faite par Amnesty International le 31 octobre dernier, n’ont pas été contestés par le ministre des Affaires étrangères, Bocchit Edmond qui intervenait à la radio magik 9 vendredi 8 novembre. Il est seulement monté au créneau pour critiquer le fait que l’organisation qui s’adonne à faire valoir les droits des personnes a négligé de mentionner les policiers blessés et les entreprises pillés ou incendiés durant ces manifestations exigeant le départ de Jovenel Moïse. Selon le chancelier, le communiqué de Amnesty International est partial parce qu’il ne mentionne à aucun moment les agents de la police nationale qui ont été victimes ni les biens privés attaqués ou incendiés. Bocchit Édmond, affichant son désaccord envers l’angle de traitement des informations, est loin de mettre en doute ou discréditer la confirmation dont dit dispenser Amnesty International concernant « plusieurs cas de recours à une force excessive par la police pendant six semaines de manifestations anti-gouvernementales, dans le cadre desquelles 35 personnes sont mortes, dont plusieurs des mains de la police nationale ». « Les agents de la force de l’ordre ont été très professionnels. Dans tous les pays du monde, il y a certaines bavures policières. En Haïti quand des policiers sont indexés, l’Inspection générale est là pour prendre les mesure nécessaires », a déclaré Bocchit Edmond. Actuellement on ne compte aucun policier assassiné au cours d’une manifestation.  Mais plusieurs policiers sont accusés de commettre des exactions à l’encontre des manifestants. S’il y a un point sur lequel le ministre Edmond est d’accord avec Amnesty International, c’est que ces faits doivent sans délai faire l’objet d’une enquête approfondie et efficace. « Je condamne le fait qu’il y a autant de victimes dans les mouvements de rues. En effet, les manifestations pour exprimer son désaccord et ses frustrations contre le pouvoir en place doivent se dérouler pacifiquement. Quand il y a des victimes, il revient à la justice d’enquêter pour faire la lumière sur les dossiers et l’Inspection générale doit sévir contre les agents coupables », a-t-il ajouté. Le ministère de la Justice aussi exprime des réserves Dans une note de mise au point en date 8 novembre, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) prétend que quand l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN) avait utilisé des armes militaires durant les manifestations elle n’agissait pas sous les ordres du chef de l’État mais du haut commandement de la PNH. Le MJSP rassure aussi que tout usage d'arme à létalité réduite est contraire aux directives établies et fait l’objet d’investigation de l’inspection générale, et les auteurs sont toujours sanctionnés. Dans cette note, le ministère de la Justice prend en outre la défense des policiers que le gouvernement qualifie de victimes privilégiées des manifestants. « L’institution policière est l’une des principales victimes de cette situation de troubles avec 23 cas de destruction intégrale ou partielle de matériel et 24 cas d’attaque contre les commissariats. Les appels à manifestation sont truffés d’incitation sà des attaques contre les forces de l’ordre et la destruction des biens de l’État et privés », peut-on lire dans la note.