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Le Nouvelliste

« Les emplois dans le secteur touristique vont être réduits de 50 à 60% », estime la présidente de l’ATH

Oct. 23, 2019, midnight

Avec les derniers mouvements qui ont quasiment paralysé toutes les activités économiques dans le pays, la situation dans le secteur touristique qui ne se portait pas trop bien a empiré. « La situation est très préoccupante », a confié  Raina Forbin, présidente de l’Association touristique d’Haïti (ATH). Les employés des entreprises évoluant dans ce secteur ont été contraints de se terrer chez eux pendant ces six dernières semaines. Les activités ont tourné au ralenti dans certains établissements. Mais ce nouvel épisode de « peyi lòk » n’est que la dernière goutte qui a fait déborder le vase. « Déjà, il y avait une baisse assez importante des opérations en raison du manque de visiteurs constaté depuis quelque temps», a déclaré Raina Forbin, soulignant le poids des  interdictions de voyager en Haïti émis par les Etats-Unis  ou le Canada dans cette situation. En 2015, par exemple, le nombre de touristes qui sont arrivés uniquement par avion en Haïti était estimé à 515 000 personnes. En 2018, ce chiffre est passé à  420 000, selon Raina Forbin qui n’a pas encore les chiffres pour 2019. Mais elle est sûre que le nombre de visiteurs va encore diminuer. « Le trafic aérien a diminué de 30% », avance la présidente de l’ATH, avant d’ajouter que pour le mois d’octobre  les activités ont atteint le niveau le plus bas jamais constaté dans le secteur.  Les mouvements de protestation n’ont en rien aidé. « Le peyi lòk est venu compliquer la situation », regrette Mme Forbin.      La présidente de l’Association touristique d’Haïti  confirme que plusieurs entreprises membres de l’association qu’elle dirige ont été amenées à prendre des «mesures drastiques » en vue de protéger l’existant. Des mesures prises non de gaité de cœur. « Cela nous attriste. Ce sont des employés qui ont travaillé très dur dans l’objectif de créer un environnement stable pour leur famille qui vont se retrouver du jour au lendemain au chômage ou qui vont être mis en disponibilité », se désole Raina Forbin, expliquant que ces entreprises qui font face à une baisse de revenus n’ont pas d’autres choix. C’est toute la chaîne des valeurs du secteur touristique qui va être affectée, souligne-t-elle.   Cette semaine, les responsables de Best Western à Pétion-Ville ont annoncé qu’ils vont fermer définitivement leurs portes le 31 octobre prochain. L’hôtel  Royal Oasis va se séparer provisoirement d’une partie de son personnel. Il n’y a pas qu’eux. « Dans le Sud, quasiment tous les hôtels sont fermés. Ils ne l’ont pas annoncé officiellement, juste pour protéger leur image.  Sur la Côte des Arcadins ils sont obligés de faire beaucoup de mises à pied ou de suspensions temporaires. Ils n’ont plus de clients », raconte la présidente de l’ATH, soulignant que c’est aussi le cas pour plusieurs compagnies de location de véhicules. À la Avis qu’elle dirige et qui emploie environ 120 personnes, une vingtaine d’employés vont être mis en disponibilité, annonce-t-elle. « Les emplois dans le secteur touristique vont être réduits  de 50 à 60% », craint la présidente de l’ATH.   Les différents acteurs impliqués dans la crise restent entre-temps sur la corde raide.  Les membres de l’opposition et une bonne partie de la population continuent d’exiger la démission du président Jovenel Moïse qui, lui, affirme qu’il ne démissionnera pas.