Le Nouvelliste
« Le président nous a dit que tout peut être sur la table, y compris son mandat », dixit Evans Paul
Oct. 10, 2019, midnight
Le comité formé par Jovenel Moïse en vue de conduire les discussions devant aboutir à une solution concertée de sortie de crise a été installé. Suite à une première séance de travail jeudi, les membres du comité ont désigné Evans Paul comme coordonnateur, Rodolphe Joazile et Emilie Jessy Solon Menos comme porte-parole et Liné Sainphor Balthazar au poste de secrétaire rapporteur. « Nous sommes ouverts. Nous sommes prêts à aborder n’importe quelle discussion sur n’importe quel sujet avec n’importe quelle personne », a lancé Évans Paul jeudi sur les ondes de radio Magik 9. Contrairement à son collègue Jude Charles Faustin qui avait écarté la veille toute possibilité que le président Jovenel Moïse démissionne malgré les pressions de la rue, Évans Paul a laissé entendre qu'aucune porte n'est fermée. « Le président nous a dit que tout peut être sur la table, y compris son mandat », a confié Évans Paul. Il n’y aura pas de sujets tabous, a-t-il insisté. Il a affirmé que le président est disposé à faire des concessions en vue de trouver un dénouement à la crise. Il appelle les membres de l’opposition à en faire autant. Évans Paul estime que la crise que traverse actuellement le pays dépasse et le président de la République et l’opposition. « M. Jovenel Moïse est comme quelqu’un au volant d'un véhicule dont le système de démarrage est en panne, il ne peut même le faire démarrer en l’embrayant. D’un autre côté, l’opposition a un vehicule dont les freins ont lâché. Personne ne contrôle rien. Le problème dépasse et l’opposition et le pouvoir en place et affecte directement les citoyens », analyse l’ancien Premier ministre de Michel Joseph Martelly. Ce vieux routier de la politique fait les yeux doux à l’opposition qui ne jure que par la démission de Jovenel Moïse et qui refuse toute possibilité de dialogue avec le chef de l’État. « Nous ne sommes pas là pour régler quelque chose de partisan. Je ne suis pas là pour faire de la propagande », veut rassurer Évans Paul à l’opposition. L’essentiel, poursuit-il, ce n’est pas l’avenir de Jovenel Moïse qui est le plus important, mais l’avenir du pays. Évans Paul n’est pas sourd par rapport aux revendications de ceux qui manifestent dans les rues pour exiger le départ de Jovenel Moïse. « Comment partira-t-il ? À pied ? En avion », caricature Évans Paul qui ne voudrait que le désordre qui avait régné au pays après le départ de Jean-Claude Duvalier après le 7 février 1986 et en 2004 après la démission de Jean Bertrand Aristide se répète. Promouvant le dialogue comme la seule alternative pouvant nous éviter de sombrer dans le chaos, le chef du parti politique affirme que tous les problèmes posés par l’opposition et par les gens qui sont dans les rues peuvent être amenés sur la table. « Il n’y aura pas de sujets tabous. Nous sommes à la recherche d’une concertation », ajoute-t-il. Parce que Jovenel Moïse fait partie de la crise, on ne peut pas la résoudre sans lui, croit Evans Paul qui en 2003 était dans le camp de ceux qui exigeaient le départ de Jean Bertrand Aristide.