this used to be photo

Le Nouvelliste

Deux étudiantes trouvent la mort dans un accident de la circulation, le Cap-Haïtien en état de choc

Oct. 2, 2020, midnight

C’est la désolation totale cette semaine dans l’enceinte de la Faculté des sciences infirmières Notre-Dame de la Sagesse (FSINDS) située à la rue 17 Q dans la cour de l’hôpital universitaire Justinien. Tout le monde pleure la mort dans un accident de circulation au Cap-Haïtien des deux jeunes étudiantes Kennie Ruth Sheilla François, 22 ans et Déborah Deby Pierre qui s’apprêtait à célébrer ses 25 ans, le jeudi 1er octobre. Étudiante en 3e année, Kennie Ruth Sheilla François accompagnait sa camarade Déborah Deby Pierre en ville pour compléter ses achats pour la fête du jeudi 1er octobre. Un photographe avait même été contacté et les préparatifs étaient fin prêts. À l’issue de quelques achats supplémentaires, les deux complices ont utilisé les services d'un taxi-moto pour se rendre en banlieue où elles habitaient.  En longeant la rue A, leur moto a été propulsée par une autre moto vers un camion transportant du ciment qui a écrasé les deux jeunes femmes. La scène était effrayante et effroyable. Sheilla a rendu l’âme sur place tandis que son amie a succombé de ses blessures quelques heures après à l’hôpital universitaire Justinien où elle était transportée d’urgence. La présidente de la promotion 2017-2021 de la FSINDS, Pearlyne Jean-François, n’a pas caché son amertume après cette catastrophe. « C’est toute la promotion qui est affectée par cette tragédie, affirme-t-elle. Depuis, les cours ont du mal à reprendre. » Cette tragédie relance le débat sur la circulation anarchique des véhicules à moteur dans la cité christophienne prise d’assaut en majeure partie par des motocyclettes. Interrogé par cet état de fait, un responsable du service de la circulation déplore le fait que la ville regorge de marchés publics improvisés à chaque carrefour, de garages avec leur cortège de véhicules à réparer ou en attente, etc. « Cela ne ressort pas du service de la circulation. Il nous faut l’aide et l’assistance d’autres instances comme la mairie, les TPTC, etc », ajoute-t-il. Le responsable, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, regrette que la voie publique soit aussi réduite par des matériaux de construction entreposés sur la chaussée, empêchant la libre circulation des véhicules et occasionnant des bouchons interminables. La mairesse de la ville, Yvrose Pierre, s'est dit choquée par cet accident de la circulation ayant coûté la vie à deux jeunes étudiantes. Elle déplore que les mesures adoptées par la municipalité capoise pour régulariser la circulation à travers les rues de la ville ne soient pas respectées. « Les turbulences politiques et le Covid-19 ont favorisé l’anarchie  dans le secteur du transport public au Cap-Haïtien », s'écria-t-elle. La responsable espère adopter dans un avenir pas trop lointain de nouvelles règles afin d’apporter un nouveau souffle à la réglementation de la circulation au Cap-Haïtien.