Le Nouvelliste
Crise en Haïti : une rentrée universitaire hypothétique pour l’UEH
Oct. 3, 2019, midnight
« La crise sociopolitique et ses secousses et rebondissements affectent gravement l’UEH et l’université haïtienne. Cette situation affecte gravement le présent et l’avenir de milliers de jeunes. Nous sommes très inquiets et la nation tout entière devrait s’inquiéter des difficultés que connaissent ses fils et ses filles, ses écoles, ses centres de formation, ses universités dans leur quête et leur démarche d’instruction, de formation et d’éducation », déclare le recteur de l’UEH, Fritz Deshommes, contacté par le journal. Toutes les dispositions avaient été prises par le conseil académique de l'UEH pour faciliter la rentrée universitaire prévue officiellement le 2 octobre. Certaines facultés ayant déjà réalisé leur concours se voient dans l’incapacité de communiquer les résultats, à cause de l’atmosphère de tension régnant dans les rues qui empêche les professeurs d’entamer et finaliser convenablement le processus de correction. D’autres, comme l’École normale supérieure (ENS), la Faculté des sciences humaines (FASCH), la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), l’Institut d’études et de recherches africaines (IERAH), la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP) n’ont pas pu tenir leur concours dans les délais préalablement établis. Les écoles de droit des villes de province devront, pour leur part, réaliser leur concours au cours du mois d’octobre. Tous les décanats de l’UEH ont déjà reçu le calendrier académique 2019-2020 soumis par le Vice-rectorat aux affaires académiques, comme l’a confirmé le Vice-recteur Hérold Toussaint. À l’instar de plus d’un, le vice-recteur est lui aussi préoccupé par la situation. « Nous sommes vraiment pris au dépourvu. Nous sommes obligés de repenser la rentrée universitaire… », affirme-t-il. Hérold Toussaint confie que jusqu’à présent ils sont sensibles à la conjoncture. « Nous essayons d’observer et analyser la réalité, étant responsables de la plus grande université du pays. Cette situation est inquiétante. Elle nous interpelle. Nous sommes responsables de la formation académique et scientifique de la jeunesse… », soutient le professeur qui renvoie la balle aux pieds des acteurs concernés. « Il revient aux acteurs politiques et économiques d’assumer leurs responsabilités pour ne pas hypothéquer l’avenir des nouvelles générations. J’invite tous les acteurs politiques, indépendamment de leur chapelle politique, à assumer rationnellement leurs responsabilités », appelle le vice-recteur, conscient de la mission de l’UEH consistant à préparer des citoyens responsables et engagés dans le développement de la société. Pour sa part, le recteur Fritz Deshommes estime que les « protagonistes de la crise, les autorités constituées, les directeurs d’opinion devraient être conscients de la nécessité de préserver et de protéger nos capacités nationales d’instruction et d’éducation à tous les niveaux et de garantir leur exercice plein et entier sur toute l’étendue du territoire. Que malgré nos désaccords et nos mésententes, nous nous fassions un point d’honneur à sauvegarder et à promouvoir ces espaces qui symbolisent l’avenir et le progrès de notre nation que nous chérissons tant ».