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Le Nouvelliste

Jovenel Moïse espère des élections d’ici mars 2021, après le référendum sur une nouvelle Constitution

Oct. 30, 2020, midnight

Après avoir nommé et donné investiture au ‘’Comité consultatif indépendant’’ pour l’élaboration du projet de la nouvelle constitution,  le vendredi 30 octobre, le président de la République, qui s’est adressé à la nation sur les réseaux sociaux, a estimé que le référendum sur le projet de constitution devrait avoir lieu entre février et mars 2021. Après quoi, a ajouté Jovenel Moïse, viendront les élections, quelle que soit l’issue du vote. Parallèlement, l’OEA et les États-Unis exigent des élections législatives au plus tard en janvier 2021. Le président de la République a le vent en poupe. Ces derniers temps, Jovenel Moïse parle régulièrement à la nation soit dans des adresses à la nation sur la télévision nationale ou sur les réseaux sociaux. Partout, il prêche son évangile de changement de constitution et d’élections. Alors que ni  le ‘’Comité consultatif indépendant’’ pour l’élaboration du projet de la nouvelle constitution fraîchement créé ni le Conseil électoral provisoire n’ont avancé de dates dans la réalisation de leur travail, le chef de l’État, lui, a déjà des dates en tête pour le référendum et les élections. Dans ce qu’il considère comme une interaction avec le public sur les réseaux sociaux, le président de la République a souligné que ce n’est pas lui qui aura à écrire la nouvelle constitution. « Aujourd’hui, j’ai joué mon rôle », a-t-il dit, faisant référence à la nomination du ‘’Comité consultatif indépendant’’ pour l’élaboration du projet de la nouvelle constitution. Jovenel Moïse dit attendre maintenant les débats autour de la nouvelle constitution. « Le projet de constitution sera mis en débat. Tous les citoyens auront à lire le texte. Les débats prendront un mois ou un mois et demi. Après les débats, il y aura un référendum sur le texte final au premier trimestre de 2021 soit entre les mois de février et de mars », selon le calendrier du chef de l’État. Au cours du référendum, au cas où le peuple aura voté contre la nouvelle constitution, « j’organiserai les élections sous l’égide de l’ancienne constitution. Mais si le peuple vote OUI, j’organiserai les élections sous l’égide de la nouvelle constitution », a expliqué le chef de l’État. Une occasion pour Jovenel Moïse de souligner qu’avec ou sans la nouvelle constitution, il organisera les élections pour renouveler la classe politique. Le président a rappelé qu’il avait fait campagne sur les réformes constitutionnelles et estime que le peuple l'avait voté pour réaliser des changements dans la Constitution. Parallèlement, des acteurs importants de la communauté internationale ont un tout autre calendrier pour l’organisation des élections en Haïti. « Secrétariat gral. @OEA_Oficial continue à assurer le suivi et travailler avec Haïti. Essentiel pour la continuité institutionnelle il veut que les élections aient lieu au plus tard en janvier 2021. Nous soutenons les efforts du président Moïse et son gouvernement pour assurer la qualité de démocratie dans le pays », a écrit vendredi sur son compte Twiter le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro. Michael G. Kozak, assistant secrétaire d’État américain pour les affaires de l’hémisphère Ouest, qui a repris le tweet de Luis Almagro, a précisé : « Les États-Unis exhortent Haïti à organiser des élections législatives dès que techniquement possibles. Comme l'a dit l'OEA, ce devrait être d'ici janvier 2021. » Si les mouvements de protestation de  l’opposition politique ont perdu en intensité depuis les derniers épisodes de ‘’peyi lòk’’ l’année dernière, ça ne veut pas dire pour autant que Jovenel Moïse est le seul maitre du jeu politique dans le pays. Ses plus farouches opposants divisés certes, tentent de reconstituer leurs forces pour continuer à exiger la démission du président avant le 7 février 2021.