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Le Nouvelliste

10 ans après le séisme, qu’en est-il de la reconstruction des facultés de l’UEH ?

Jan. 17, 2020, midnight

À la FDS, la FAMV, la FASCH, des travaux de construction et réhabilitation en cours À la Faculté des sciences (FDS), les travaux de construction du nouveau bâtiment ont démarré en avril 2018, à la rue Mgr Guilloux. L'espace doit renfermer entre autres une vingtaine de salles de cours et une quinzaine de salles de laboratoire. 5.5 millions de dollars sont investis dans la construction du bâtiment, 1.7 million de dollars dans le matériel de laboratoire et le mobilier, a avancé le professeur Edgard Étienne, l’un des responsables de l’institution. Deux principaux bailleurs étaient sur le coup : la Fondation Clinton-Bush, qui n’existe plus, mais qui avait versé 4 millions de dollars, et la République du Qatar qui a versé 5.5 millions de dollars. Trois firmes œuvrent sur ce projet. « We architects » (firme espagnole), pour les études, « Expert concept », pour la construction, et la firme canadienne « Aedifica » assure la supervision. La construction n’est pas arrivée à terme, en raison de la situation d’instabilité qui a prévalu dans le pays. Le professeur Étienne souligne également qu’ils (responsables) ont besoin de fonds pour achever les travaux. « On attend toujours la contrepartie haïtienne. Ils (autorités de l’État) ont promis 4 millions de dollars. On a reçu zéro gourde… », se plaint le professeur. Peu de temps après le cataclysme, les dirigeants de la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire (FAMV) avaient entrepris des travaux d’aménagement afin de fonctionner provisoirement. Ils ont démarré la première partie des travaux de construction des nouveaux locaux avec un financement de la Banque interaméricaine de développement (BID), à travers un projet du ministère de l’Agriculture estimé à 20 millions de dollars, d’après les propos du doyen Jocelyn Louissaint, précisant qu’ils n’ont néanmoins reçu que 13 millions. C’est la firme haïtienne « Expert concept » qui exécute les travaux de construction supervisés par la firme haïtienne « Société Génie Conseil » et la firme canadienne Aedifica.  « Nous continuons à chercher de l’argent pour l’autre partie pour pouvoir terminer convenablement… », confie-t-il. Depuis dix ans la Faculté des sciences humaines (FASCH) a fonctionné dans des abris provisoires. En effet, le principal  bâtiment académique avait été terriblement endommagé par le séisme. Les responsables du conseil de coordination ont dû attendre jusqu’au 22 mai 2019 (environ 5 ans après avoir entamé les recherches de fonds) pour organiser, en présence du recteur de l’UEH, Fritz Deshommes, la cérémonie de lancement des travaux de réhabilitation et de renforcement  des bâtiments financés par le gouvernement japonais, à hauteur de 79 millions de gourdes, qui devaient s’étendre sur une période de 10 mois. Aucun fonds de l’État n’y est investi. « L’État haïtien n’avait pas répondu à l’appel de la réhabilitation ni de ce bâtiment ni des autres », précise Josué Vaval, coordonnateur de la FASCH, qui en profite pour lancer un appel à tous, notamment aux anciens de la faculté, afin de doter l’institution d'un nouveau matériel de fonctionnement. À la FDSE, l’ENS, la FLA, les lignes n’ont pas vraiment bougé... Quoiqu’il existe un plan, aucun projet réel de construction de nouveaux bâtiments n’a été présenté par le décanat de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), selon le secrétaire général de la FDSE, Blanchard Jean-Baptiste. En 2017, le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) avait entrepris des travaux de construction temporaire de quelques salles et la réhabilitation de la place Anténor Firmin rattachée à la faculté. Ces travaux ont été interrompus en raison d’un problème « d’avenant » qui devait provenir dudit ministère depuis l’administration d’Aviol Fleurant. « Nous traînons cette affaire depuis plus de deux ans », déplore le responsable. Dix ans après, le processus de construction traîne encore à l’École normale supérieure (ENS). Pour l’instant, seulement un terrain (situé à l'arrière de l’hôtel Oloffson, à Carrefour-Feuilles) a été acquis, grâce à la diligence de l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Nesmy Manigat, et du rectorat de l’UEH. À deux reprises, le Japon était disposé à donner son appui, mais il manquait la paperasse administrative, donc les papiers-dossiers dont les responsables disposent actuellement. « C’est ce qui avait causé le retard. Cette semaine, les Japonais ont visité le terrain. Ils ont accepté, malgré le retard, de réexaminer le dossier », explique le professeur Bérard Sénatus, l’un des responsables du conseil de direction de l’ENS.   Même s’il croit que l’aide du Japon sera la bienvenue dans la construction des nouveaux locaux de l’école, le professeur Sénatus estime qu’il est d’abord de la responsabilité de l’État haïtien de s’impliquer davantage.   La FLA n’a reçu de l’appui ni de l’extérieur ni de l’intérieur La Faculté de linguistique appliquée (FLA) a été l’une des facultés ayant été le plus sévèrement touchées par le séisme en 2010. Dix ans plus tard, la FLA continue de fonctionner dans des hangars qui se dégradent. En 2013, les responsables du décanat ont acheté un petit terrain attaché avec l’ancien bâtiment. Ils ont réussi, avec les moyens du bord, à engager la firme « Groupe de techniciens réunis », qui a érigé le rez-de-chaussée ainsi que le premier étage. Sinon, aucun financement. Ni de l’intérieur ni de l’extérieur, regrette le doyen Renaud Govin. M. Govin dit avoir entrepris beaucoup de nombreuses démarches auprès des institutions privées de la place, dont des ONG. Aucune suite positive n’a été donnée. Des démarches ont été faites du côté de l’État aussi, jusqu’à ce que l’ancien Premier ministre Jack Guy Lafontant, ancien représentant des professeurs de la faculté de médecine au sein du conseil de l’UEH, ait ordonné au ministre de l’Économie et des Finances d’alors de débloquer 10 millions de gourdes pour l’institution. Le ministre ne l’a jamais fait jusqu’à cette date, révèle le responsable, déplorant l’attitude de l’État haïtien qui, depuis longtemps, accorde peu d’importance à l’enseignement supérieur.