Le Nouvelliste
Justice: Wando Saint-Villier appelle les autorités gouvernementales à reprendre en main la situation
Nov. 12, 2019, midnight
« Nous avions demandé aux magistrats de faire preuve de prudence, jusqu’à ce que leur sécurité soit garantie. Dès que le calme revient, ils pourront aller travailler normalement », explique au journal Wando Saint-Villier, nuançant qu’il ne s’agissait, en fait, que d’une grève observée par les magistrats comme pour faire passer une revendication particulière. Si dans certaines villes relativement calmes des tribunaux de paix continuent de fonctionner, d’autres ont été contraints de fermer leurs portes. Certains ont été attaqués, voire incendiés par des protestataires, notamment à Jacmel, Verrettes, Gressier, Léogâne, Aquin, St-Marc, Gonaïves... « C’est une situation intenable. Il n’y a pas un climat serein pour qu’on puisse travailler », reconnaît Wando Saint-Villier. « Nous constatons que les autorités gouvernementales n’arrivent pas à faire régner un climat plausible pour que nous puissions travailler. En conséquence, pour éviter qu’il y aient des victimes parmi nous, nous demandons aux magistrats de rester chez eux en attendant que le gouvernement soit capable d'assurer leur sécurité… », soutient M. Saint-Villier, expliquant, par exemple, qu’à Jacmel, les manifestants s’attaquent à une institution étatique qui était près de fonctionner. La démarche des manifestants c’est de tout paralyser, se plaint-il, justifiant l’incapacité des magistrats à se rendre sur leurs lieux de travail, au risque d’être victimes physiquement, ou de s’attirer la foudre dans les locaux des tribunaux et des cours. « Ce ne sont pas les juges qui ont fermé les portes des tribunaux. Elles sont fermées en raison de la conjoncture. C’est une situation de fait. Depuis septembre dernier, les tribunaux ne pouvaient pas fonctionner en raison de la crise sociopolitique », avance celui qui fait office de doyen du tribunal de première instance de Jacmel. Même s’il est conscient que plusieurs individus appréhendés et même gardés en détention ne peuvent être entendus par leurs juges naturels, Wando Saint-Villier soutient qu’ils ne sont pas responsables de la situation. « La police ne peut pas sécuriser les tribunaux qui se font attaquer à maintes reprises. Elle n’est pas en mesure de faire face à la situation, regrette le magistrat, rappelant que la sécurité publique est avant tout du ressort des autorités gouvernementales. Les juges sont là pour appliquer la loi. C’est au gouvernement de maintenir l’ordre dans la société, affirme celui qui invite les autorités gouvernementales à reprendre en main la situation, pour créer un climat plausible devant favoriser le fonctionnement des institutions publiques. « Nous avons eu des informations selon lesquelles les gens surveillaient les tribunaux pour voir s’ils allaient fonctionner avant d’exiger qu’ils ferment leurs portes au risque d'être incendiés », souligne le magistrat, estimant que tout le monde pourra regagner son lieu de travail conformément à ses attributions juridictionnelles lorsque le gouvernement reprendra en main la situation.