Le Nouvelliste
Le comité de dialogue du président dysfonctionnel, les autres membres attendent la décision du Palais national
Oct. 18, 2019, midnight
De sept, le comité présidentiel chargé de conduire les discussions devant aboutir à une solution concertée de sortie de crise, est passé désormais à trois membres, suite à la démission d’Évans Paul, de Josué Pierre-Louis, de Liné Balthazar et de Jean Rodolphe Joazile. La commission devient pour le moment dysfonctionnelle. Mais pour le conseiller du président de la République, Jude Charles Faustin, la structure n’est pas caduque pour autant. « La commission existe mais elle ne peut pas fonctionner », a déclaré Jude Charles Faustin sur Magik 9 en attendant la décision de la présidence. L’avenir de la commission n’est pas certain. Mais le conseiller de Jovenel Moïse ne veut pas faire de fuite en avant. « Il revient au président, à travers le secrétariat général du Palais national, de décider si la commission va être complétée ou si on va tout laisser tomber », a-t-il indiqué. Évans Paul, Josué Pierre-Louis, Liné Balthazar et Jean Rodolphe Joazile avaient pris la décision de remettre leur démission suite à la conférence de presse du président de la République mardi au cours de laquelle il a été très dur envers l’opposition. « Le président n’avait pas à consulter les membres de la commission avant de prendre la parole à chaque fois », précise Jude Charles Faustin, rappelant que cette entité, qui n’est pas une commission de facilitation mais plutôt une commission de négociation, a été constituée d’alliés et de proches du chef de l’État. Les commissaires qui ont démissionné auraient exagéré, selon le conseiller du chef de l'État. « Je ne vois pas en quoi les déclarations du président auraient dérangé le travail de la commission. De plus, a poursuivi Jude Charles Faustin, le menu du dialogue n’était pas encore élaboré. » L’ancien Premier ministre Évans Paul avait déclaré dans plusieurs médias de la capitale, dont Magik 9, que le chef de l’État. au moment de leur confier la mission, leur avait dit que « tout peut être amené sur la table y compris son mandat ». Or, dans sa conférence de presse, le chef de l’État a clairement indiqué qu’il ne va pas remettre sa démission avant la fin de son mandat constitutionnel. Le chef de l’État avait en même temps déclaré qu’il était prêt à faire partie de la « dernière transition ». « Quand le président avait dit que tout pouvait être amené sur la table de négociation cela concernait la transition », tente de rectifier l’ancien député. Il explique qu’il y a un ensemble de points qui doivent être discutés sur la question. Jude Charles Faustin a réaffirmé que la durée du mandat du chef de l’État est prévue par la Constitution. « Le chef de l’État avait juré de respecter et de faire respecter la Constitution », soutient le commissaire. « Obligé de me retirer du comité de dialogue nommé par le président. Je reste toujours fermement attaché à l’esprit d’un dialogue sincère. La complexité de la situation exige un sursaut patriotique des uns et des autres, en vue d’un compromis politique pour sortir de la crise », a avancé Évans Paul jeudi sur son compte Twitter. « Le comité était sur le point d’aboutir à un consensus sur le départ ordonné du chef de l’État. C’est pourquoi il a pris les devants pour galvauder le travail du comité », a déclaré le sénateur Youri Latortue mercredi sur Magik 9. Le parlementaire a inscrit la conférence de presse du président de la République dans le cadre d’une stratégie visant à boycotter le travail de la commission.